UN PASSIONNÉ DE THÉÂTRE

Th%C3%A9%C3%A2tre-national-LAIKA.jpgCe passionné de théâtre fit une belle carrière de comédien dans l’enseignement. Jamais il ne se produisit sur une scène classique, dans un théâtre subventionné ou sur une estrade du marché aux poissons local mais  plus de vingt fois par semaine (sauf  pendant les congés où il travaillait son texte) et devant un parterre varié, plutôt bon public d’autant qu’il ne payait pas sa place.

Il ne laissait rien paraître de son trac lors de son passage au secrétariat où les artistes de la parole exerçaient leur art  éphémère. Sur le chemin le séparant de la scène, il saluait quelques collègues dans le même état, ou peu s’en faut, de stress prétraumatique et le directeur de l’établissement, qui se félicitait du bon retour sur les réseaux sociaux de ses spectacles, lui prodiguait les derniers encouragements nécessaires.

La sonnette de changement d’heure faisant office de trois coups, il entrait dans son rôle en un tournemain. Il avait obtenu du P.O. que le dallage devant le tableau numérique fût recouvert de planches séparées de la première rangée de spectateurs par un rideau d’un rouge cramoisi. Après quarante minutes de prestation soutenue, il quittait la classe en sueur et, malgré les dix minutes d’applaudissements nourris (et quelques rires étouffés), il ne donnait aucun rappel, déjà requis ailleurs, assuré de trouver un public acquis à son jeu plus qu’à son texte, fort changeant et assez rébarbatif comme tous les textes scolaires.

Quand la retraite, repoussée jusqu’à l’extrême, tomba comme un baisser de rideau, il retourna sur les bancs de l’université pour apprendre tout ce qu’il avait oublié ou jamais très bien compris.

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LA MÉMOIRE SÉLECTIVE

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Ce vieil enseignant se rappelait très bien avoir donné cours à des jeunes filles rieuses sur une terrasse à Rome, à des cadavres frais du jour dans une morgue à Madrid, à des chevaux blanc cassé dans une écurie d’Augias, à des enfants colorieurs dans une garderie de Carcassonne, à des nageurs en maillot couleur pomme dans une piscine du Calvados, à des mécaniciens abstèmes dans un garage de Bombay, à des assistantes sociales en burn-out dans un cabinet de psy de Charleroi, à de vaillants sidérurgistes dans une aciérie de Detroit, à des acrobates volants sur un trapèze chez Bouglione, à des oiseaux filiformes sur un fil électrique à Madagascar, à des policiers ivres dans une tour en argent massif, à des politiciens véreux dans un bureau de vote au Chili, à des députés déboussolés dans un parlement de Wallonie, à des grains de sable sur une plage du Mexique, à des particules fines dans un carrefour comme un autre, à des vêtements sales dans une laverie automatique en bordure du Mékong, à une liasse de billets neufs sur le comptoir d’un tripot de Kiev, à une sauce Béchamel dans un soufflé de chou-fleur de Gerpinnes, à trois frelons roses sur une rose de Pondichéry, à une rangée de piquants sur un cactus de Houston, à des amateurs de mouches molles dans un abattoir de fortune, à des cibles mouvantes dans un ancien stand de tir de l’Armée Rouge, à des chanteurs désargentés du Choeur de l’opéra de Quat’sous, à des ouistitis nains sur la branche d’un arbre à gommes d’Amazonie…

Il se souvenait de toutes les circonstances de temps et d’espace, des mimiques de chaque participant et des paroles échangées, de chaque objet proposé à la vue et de chaque pensée ayant parcouru, même à la vitesse de l’éclair, son esprit absorbé par la tâche de dispenser son savoir.

Mais il ne se rappelait plus du tout quoi il avait bien pu enseigner.

L’EXAMEN

image.jpgLe jour de l’examen était arrivé et le professeur était fébrile. C’était un jour d’examen exceptionnel, un de ces jours qui comptent dans une vie.

Le professeur se tenait à l’entrée de l’amphithéâtre pour accueillir les étudiants. Pour chacun, il avait un mot, une attention. Pour chacun, il savait exactement ce qu’il devait leur dire pour les mettre en confiance, leur donner toutes les chances de réussir leur épreuve. Quand les deux cents étudiants furent installés, leur smartphone fermé, leur matériel sorti précautionneusement de leur étui ou de leur valisette, il alla s’installer au milieu de l’estrade, un peu à côté du pupitre où se tenait le micro et son portable. Il n’était pas nécessaire, cette fois, de parler et, d’une certaine façon, ça l’apaisait: il avait trop souvent jargonné.

Chaque étudiant savait précisément ce qu’il avait à faire et le fit comme il l’avait répété pendant la période de blocus. Le professeur suivait scrupuleusement leur petit cérémonial personnel pour conjurer le stress; quand il observait un geste mal exécuté, un manquement qui pouvait leur être préjudiciable, il le leur signalait d’un regard appuyé, ou d’un raclement de gorge suggestif. L’étudiant comprenait son erreur et se corrigeait.

Quand le professeur jugea que plus aucun doute ne subsistait sur le résultat de l’examen – c’était un homme avisé et nanti d’une longue expérience -, il donna l’ordre de départ du concours.

Les deux cent balles de calibre 9 mm atteignirent toutes sans exception sa tête. C’était la meilleure session de sa vie professionnelle, une épreuve de prestige au final éblouissant qu’il avait eu raison de proposer; la seule aussi qu’il n’aurait pas besoin de corriger.   

 

Sur quelques mesures du Pacte d’Insuffisance…

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En vertu du nouveau décret des titres et fonctions, et dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’Insuffisance,

le prof de violoncelle pourra donner cours de chiffres & ablettes;

le prof de violence pourra faire pénitence jusqu’à la retraite;

le prof de clics et de claques sonores pourra donner cours de téléphone fixe;

le prof de tics et de tocs pourra donner cours de grimaces libres;

le prof d’abdomen de baleine & de nombril de babouin pourra donner cours de cous de girafe & de clous de girofle;

le prof de feu de broussaille pourra donner cours d’incendie de forêt et disposer en permanence d’une boîte d’allumettes;

le prof d’inventaire sur la toile pourra donner libre cours à son goût pour l’infini;

le prof de langue des lignes pourra donner cours de formes de bouche;

le prof de peinture sur piano pourra jouer lors de la fancy-fair du pianocktail cher à Vian;

le prof de révolution française pourra donner cours de monarchie parlementaire;

le prof d’étude du costume des dieux pourra donner cours déguisé en laïc sectaire;

le prof d’incertain pourra donner tous les cours (comme dans l’ancien décret);

le prof de regard tendu pourra donner cours de courte vue,

le prof de littérature abusive pourra donner cours de harcèlement textuel;

le prof de vieux corsets pourra donner cours de lingerie fine;

le prof de muraille de Chine pourra donner cours de maçonnerie;

le prof de lâcher-prise pourra donner cours de saut à l’élastique;

le prof de grosse ripaille pourra donner cours de festin assisté par ordinateur;

le prof de ressemelage industriel pourra circuler en sandales dans l’école;

le prof de discussion de couloir pourra animer le conseil de classe;

le prof de magie noire pourra jeter des sorts à la demande de la direction;

le directeur d’établissement pourra faire le Gille en dehors des périodes de carnaval et jeter des confettis sur les membres du personnel qui ne porteront pas de masque autre que leur maquillage;

le prof d’interdiction d’écrire à la craie pourra utiliser la souris verte du tableau écologique;

le prof d’étude de cas rares pourra donner cours de n’importe quoi (comme dans l’ancien décret);

le prof de fabrication de cercueils pourra se faire incinérer dans le préau;

le prof d’une-deux-une-deux… pourra donner cours de gymnastique binaire;

le prof de petit doigt fourchu pourra enseigner le cours d’évolution de la poignée de main à travers les âges;

le prof de tir au pistolet sur les hot-dogs pourra donner cours de chien de fusil;

le prof de consommation de poudre blanche pourra en livrer au préfet de discipline uniquement en cas d’extrême fatigue;

le prof de conduite d’images pourra donner cours de transport de miroirs;

le prof de thermométrie pourra vérifier la température de la prof de chimie organique quand elle bout;

le prof d’analyse de cérumen d’ouate d’oreille pourra donner laboratoire du bruit;

le prof de clowneries pourra prêter son nez rouge pour cacher le sien au prof de conduite au volant en état d’ivresse;

le prof d’île déserte pourra donner cours dans le jacuzzi de la secrétaire de direction;

le prof de mirage pourra se déclarer absent même quand il est là (comme dans l’ancien décret);

le prof de coordination mélancolique pourra partir en dépression quand il le veut;

le prof d’électricité industrielle pourra donner cours de soufflage de bougie;

le prof de marche arrière pourra foncer dans le mur du temps;

le prof de sculpture en beurre bio pourra – exceptionnellement – donner cours de margarine appliquée au tartinage de pain bis; 

le prof d’utilisation du buvard en période de rupture de stock des stylos-bille ne pourra – en aucune façon – donner cours avec un porte-mine.  

Etc. Etc. 

 

En cas de pénurie d’enseignants, il tombe sous le sens que tous les professeurs cités (et comme dans l’ancien décret) pourront indifféremment prendre la place d’un autre.

TOUTES SORTES DE PROFS

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Le professeur de religion hispanique est pris pour un dangereux torero.

 

Le prof d’histoire de l’homme à travers les nages est mort noyé dans sa baignoire.

 

La prof de gym tonique est très schweppes même quand elle rote.

  

À l’examen de masticage, il est interdit de chewingumer dans la bouche du voisin.
 

Le professeur de conduite de la TEC* est toujours le premier à partir en grève.

 

Le prof de lavage de carreaux aimerait qu’on lui confie le cours de récurage des cœurs.

 

Ce professeur de dictature en classe a plusieurs génocides d’étudiants sur la conscience.

 

Le prof d’étude du milieu est parfois borderline.

 

Le prof de futur assisté par ordinateur est pécéiste.

 

Le prof de décoration d’intérieur est un maniaque de la propriété.

 

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Le prof de lattes n’a pas de règles.

Le prof de lettres a parfois des bons mots.

Le prof de lutte parle catch.

Le prof de lottes pêche ses élèves à la ligne.

Le prof de litres n’a pas toutes ses capacités.

 

La prof de François voudrait bien enseigner d’autres prénoms.

 

La prof de sciences du ventre se regarde souvent le nombril.

 

La prof de simulation d’orgasmes jouit bêtement.

 

Le prof de philosophie présocratique n’a pas connu Platon.

  

Le prof de remédiation est un ancien serial doubleur.

 

Nombre de prof d’arithmétique sont indéchiffrables !

 

Le prof de car wash militaire est un ancien laveur de jeeps.

 

Le prof de violon d’Ingres n’a pas de hobby.

  

Le prof de coupage de cheveux en quatre est un ancien serial coiffeur.

 

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Le prof d’histoire des réflexions utilise les miroirs du passé.

 

Le prof d’hydraulique des chiottes fait des vannes pourries.

 

Ce prof de lutte contre l’oubli n’a aucun souvenir de son mémoire de fin d’études.

À l’examen de lavage de cerveaux, il est interdit de trépaner.

 

Au cours de normalité, il faut penser droit.

 

Le prof de morale électronique a une inconscience de robot.

 

Le prof de conduite en état d’ivresse a toujours l’air d’avoir subi un retrait de permis.


Le prof de méthode de travail ne sait jamais par quoi commencer son cours.

 

Le prof de coitus interruptus ne termine jamais ses phrases.

 

Le prof de ponctuation automobile abuse des points de suspension…

 

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Le prof de tartinage artistique donne cours sur des toasts de glace.

 

Le prof d’autonomie n’a pas d’interdiscipline.

 

Le professeur de dynamique des fosses septiques fait des gaz inertes.

 

Le prof de traitement de cornée a le compas dans l’œil.

 

Le prof de mathball ne peut enseigner la technique du ballon rond.

 

Le prof de fist a le bras long ; il finira directeur d’une école d’échangisme.

 

Le prof de tactique du gendarme est un Bourvil.

 

Le prof d’élastiques finit toujours par s’écraser (au plafond en faisant de vilaines taches).

 

Le prof de roulette russe n’a jamais les bons revolvers.

 

Le prof de doigt commun a toujours le majeur de la main droite dressé.

 

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La prof d’air plane.

La prof d’art plaît.

La prof d’or pleure la perte de son vernis.

Le prof de ratissage artistique est l’ancien jardinier de l’école.

  

Le prof de cosmétologie interplanétaire est un ancien explorateur du maquillage.

  

Le prof de management d’entreprise a fini directeur d’école de commerce.

 

Cette économe en chef a quitté l’enseignement pour prendre la direction de la prison.

 

Quand ce prof de gym s’envoie en l’air, c’est nécessairement en ballon. 

 

La prof de relation amoureuse aspire à donner cours de gang bang.

 

Le prof du Jour attend le Grand soir.

Le prof du Soir dort tout le jour.

Le prof de Jour et de Soir n’a plus de vie.

 

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Le prof de bain douche est un ancien maître nageur.

Le prof de boulimie est un ancien maître mangeur.

Le prof d’obstruction est un ancien maître gêneur.

Le prof de torture vocale est un ancien maître chanteur.

  

Les prof de H, O , M & M , E peuvent-ils ensemble donner cours d’humanité?

 

Le prof de Ah, s’il peut donner le cours de Eh avec une dérogation, peut-il donner le module de Oh Eh hein bon? Pas sûr!


Le prof d’économie de marche-pied donne cours au bas de l’escalier.

 

Le prof de conduite de drones ne peut pas voir la prof de pilotage de cerfs-volants en voilure.

 

Même le prof de droit parlementaire ne pourra pas prendre sa retraite plus tôt (sauf s’il fait de la politique).

 

Le prof de pêche à la baleine de parapluie se prend volontiers pour un Moby Dick de la climatologie.

 

Le prof de mécanique des fruits a attrapé le melon.

 

Le prof d’éthique politique n’a pas de master en gestion de CPAS ni d’intecommunale.

 

Cette star de la pop éducation est morte d’une overdose d’enseignement à l’âge de 27 ans !

  

Le prof de conduite d’engins de chantiers a été licencié sans préavis.

 

Le prof de comptage de jetons de présence est un flambeur.

 

Tous les profs de la rentrée prochaine ne sont pas encore sortis!

 

Le prof de tous les rêves n’est pas encore levé. 

 

 

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 E.A. 

___________________

* Société de transport wallon qui défend au dépôt une meilleure mobilité de ses usagers

 

LES NOUVEAUX DEVOIRS DE L’ÉCOLE

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Il ne se passe pas une semaine, un jour sans qu’un homme ou une femme politique, un sociologue, un psychologue, un assistant social, un animateur de mouvement de jeunesse, un chef scout, un quidam ne déclare ce que devrait être, faire ou devenir l’École, ce bien public. Ce qu’on ne réclame plus de l’Armée, de la Famille, de la Justice, de la Santé, de la Science, de l’Administration voire des Eglises, on le réclame toujours, et davantage, de l’Ecole.

Mise sous pression, l’Ecole, qui peine déjà à respecter ses devoirs les plus élémentaires comme à faire fonctionner l’ascenseur social, en perd la tête et ses pauvres membres, qu’on restreint ou allonge à souhait, qu’on fait marcher au pas des politiques successives en petits soldats bien ordonnés de la cause enseignante, suivant des études savamment orchestrées par des conseilleurs tendancieux.

Voici quelques « doit » et devoirs de vacances supplémentaires guère plus farfelus et plus infondés que ceux qu’on lit ou entend à longueur de temps! Pas sûr que ceux-ci, comme la masse de ceux qu’on lui impute, ne trouvent à s’appliquer dès la rentrée.

 

L’école doit se tenir droite sans balancer au pas cadencé des circulaires

L’école doit boire plusieurs litres d’eau de source par jour

L’école doit s’endormir et récolter le fruit de son éveil

L’école doit redevenir le lieu pour le luire ensemble

L’école doit se laver les pieds dans le pédiluve de l’enfance

L’école doit se savonner entre les orteils

L’école doit arrêter de se regarder dans un mouroir

L’école doit arrêter de se masturber

L’école doit penser le poids pour peser la pensée

L’école doit tancer ceux qui lancent des tentes à la tête des jeunes bédouins pâles

L’école doit arrêter de se panser l’esprit avec des bandes enregistreuses un peu folles 

L’école doit absorber le sang des buvards et des révolutions de ministère

L’école doit arrêter de manger ses amendes

L’école doit arrêter de creuser des trachées artères dans le cœur du pouvoir

L’école doit rester muette et ne surtout rien trahir de son absence de secret

L’école doit semer le foutre du savoir

L’école doit se mesurer aux géants du carnaval et aux nains de la politique

L’école doit se battre entre tambours et trompettes

L’école doigt d’honneur et auriculaire gauche des syndiqués

L’école doit faire sa révolution dans un tonneau vide

L’école doit faire abstraction de ses absurdités

L’école doit organiser des contrôles antidopages à l’entrée des salles de massage

L’école doit être bien comprise pour être bien baisée

L’école doit obéir au bois et au cercueil

L’école doit fermer des paupières et ouvrir des centres de vocation spéléologiques

L’école doit changer son fusil d’épaule et son arme de transmission passive

L’école doit être gratuite l’été et hors de prix l’hiver

L’école doit arrêter d’être traduite dans la langue du désespoir

L’école doit être chaude et sentir la craie fondue

L’école doit jouer tous les rôles quand la mise en pièces est drôle

L’école doit poser nue dans les magazines scolaires

L’école doit faire bander les bancs publics de l’assemblée mobilière

L’école doit pouvoir s’adopter par les étudiants qui en font la demande trois mois à l’avance

L’école doit instruire correctement sans faire de taches sociales

L’école doigt d’honneur et index joliment onglé de la prof de sciences naturelles

L’école doit garantir quarante heures de repos par semaine

L’école doit surveiller ses enfants quand ils jouent à la mère

L’école doit être un lieu de refuge et de naufrage

L’école doigt d’honneur et annulaire de mariage

L’école doit s’apprendre par cœur à l’école de la mémoire

L’école doit se conduire comme il faut jusqu’au lieu de l’accident

L’école doit marcher dans les signes pour ne pas se faire décrier

L’école doit accueillir dignement le peuple des Pokémon GO dans ses clapiers cyber

L’école doit respecter le silence des prêtres, des imams et des funérariums

L’école doit aborder toutes les réponses avant de se poser la question de sa quiddité

L’école doit donner la priorité de droite aux évaluateurs alarmistes de ses actions fascistes

L’école doit privilégier la grammaire du coeur plutôt que l’orthographe des mal pensants

L’école doit régulièrement évaluer le niveau d’huile de son personnel moteur tournant à bas régime

L’école doigt d’honneur et index pointant du goître

L’école doit enfin évaluer en permanence ce qui doit être réalisé dans le cadre de son projet éducatif en accord avec les autorités locales et l’état diarrhéique des ponts et chaussées au moment du bombardement au napalm par les forces opposées à la retransmission du culturel sur les chaînes cryptée et les réseaux sociaux des régions concernées par les pertes d’emploi dans l’administration publique et le relèvement du niveau de sécurité des côtes sablonneuses de la femme au climax de son désir en face d’un inspectoriat des enseignements chargé de mesurer son potentiel érotique en période d’examen des compétences de son programme de fécondation in vivo conçu (le programme !) du Saint Esprit de l’IVG de la non reproduction de l’or du savoir dans les mines du travail scolaire obligatoire brûlant ice qui reste du sanctuaire d’apprentissage des pratiques sadomasochistes le plus proche du domicile du préfet de discipline armé comme il se doit d’une verge électronique relié à sa boîte mail par une laisse en cuir blanc qui (at)tache comme jamais et pour toujours l’apprenant lambda à son maître de conférences chargé d’instruire en masse une meute amorphe d’auditeurs muets sur les inconvénients de l’enseignement toutes mortes closes en période d’arrêt momentané d’explosion des connaissances sur les peaux nues des plagistes en reconnaissance de paternité symbolique ou marquant sur les fronts vierges de toute raison d’apprendre en prison le sceau du songe éclairé tel qu’on le lit encore dans les vieux grimoires de la nuit pédagogique déshabitée sans souci de la ponctuation

LE COMPLOT

ob_51501a_the-bilderberg-group-art.jpg   Le professeur de sciences occultes avait reçu carte blanche et ce, depuis le 11 septembre 2001, pour éliminer les enseignants suspectés d’un assassinat directorial le jour de la remise des prix.

   Comme chaque année, le professeur de sciences occultes avait occis quelques professeurs parmi les plus susceptibles de porter atteinte à l’intégrité du chef d’établissement : le prof de règlement de contes, le prof de sciences contemporaines, le prof de chimie ésotérique, le prof de véganisme industriel, le prof de géométrie des abdos aux barres perpendiculaires, le prof de comptage dentaire, le prof de connaissance des méthodes, le prof de religion organique, le prof de gestion du spectre cathodique, le prof d’étude du milieu de terrain, le prof de lecture de sketch, le prof de langues palliatives, le prof de lavage de cerfs-volants, le prof de physique lunatique, le prof de résilience de bureau, le prof d’esthétique de la sandale, le prof de carrosserie de la casserole, le prof de mécanique des flammmes, le prof de digestion assistée par ordinateur et, last but not least, le prof d’utilisation de la touche eject du magnétoscope lors du visionnage d’une vieille VHS de James Bond. 

   Pas moins de vingt enseignants parmi les meilleurs dans leur discipline ultra pointue et sans le moindre intérêt avaient définitivement été rayés des listes de l’Education nationale. Et, comme chaque année, grâce à l’intervention judicieuse du maître ès magie noire, le préfet des études était sorti sain et sauf de sa réunion de fin d’année.

   En salle des professeurs, debout sur une escabelle, beau comme un demi-dieu-nageur sur son plongeoir, il avait annoncé les mesures de la rentrée, distribué les horaires et souhaité de belles et grandes vacances à la poignée d’enseignants survivants. Comme chaque année, prenant sa voix la plus sombre – et difficilement audible -, il avait enfin débité la liste des disparus par accident ou empoisonnement malencontreux de l’année scolaire écoulée qui, comme les précédentes, avait été une fois de plus fort cruelle.