2019 – EN ATTENDANT L’ÉTÉ : APHORISMES D’ÉQUINOXE / Une chronique de Denis Billamboz

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Denis BILLAMBOZ

Dans cette chronique j’ai réuni deux recueils d’aphorismes publiés par le grand spécialiste en la matière : Cactus Inébranlable éditions. Je ne sais pas comment JEAN-PHILIPPE QUERTON fait pour dénicher toujours les nouveaux talents qu’il révèle, ou qu’il confirme, mais cette fois encore, il a frappé très fort avec deux excellents recueils, l’un de MIRLI, pour lequel c’est une confirmation, et l’autre d’un nouveau venu : PAUL LAMBDA. Deux recueils pour attendre le sommeil quand les jours n’en finissent pas de blanchir nos nuits.

 

Hapax-2000 – L’odyssée de l’extase

MIRLI

Cactus Inébranlable éditions

Hapax couverture 26 02 19

Ayant le désir de visiter le Mirliland pour découvrir la mirlitude dans sa plus grande authenticité, j’ai embarqué dans le vaisseau extasial HAPAX-2000 aux commandes de Mirli seul maître à bord. « L’heure est à l’inconduite ; largons les amarres, partons incontinent vers l’inconnu ! Mais oui, Bertrand, il y aura des pauses pipi. », décrète le pilote. Nous traversons des champs de mots bizarres, inconnus de nous jusques à ce jour, des phrases et des expressions étonnantes au sens parfois mystérieux, parfois déguisés, d’autres fois sibyllins mais rarement clairs comme l’eau de la source. Nous avons même trouvé, en grand nombre, d’hapax, ces mots qui ne servent qu’une fois et dont on ne comprend pas toujours bien la signification. On dit qu’il y en aurait deux milles dans la Bible et presque autant dans ce recueil mais je ne les ai pas comptés. Avec Mirli,

« Je passe une ognonière. Jamais encore je n’avais traversé un tel mot ! Une prairie calcinée, jonchée de formules creuses comme des troncs foudroyés. Mais, mais, mais, c’est un champ de mais ! …. ».

Puis, nous avons cherché vainement Andrew Fahren-Foyle dans une petite histoire comme on en trouvait dans l’Os à moelle sous la plume de Roger Salardenne.

Etonnement, le recueil de Mirli m’a ramené à la fin des années soixante quand j’ai acheté une réédition des meilleures pages publiées par l’Os à moelle avant la deuxième guerre mondiale. Son inspiration, la forme qu’il a choisie, de courtes histoires entrelardées de calembours, aphorismes, jeux de mots, réflexions, … évoque bien cette revue. J’ai pensé notamment à « La vie romancée d’Evariste Malfroquet – Plombier-zingueur de Louis XIV » ou à « Le trésor de Lessiveuse-Bill » accompagnés de quelques pensées ou petites annonces de Pierre Dac. Incontestablement il y a du Dac chez Mirli mais peut-être plus encore du Salardenne. Je pense qu’il aurait pu adopter les principes énoncés par Pierre Dac et ses complices et rapportés par Michel Laclos dans la préface du tome II de l’Os à moelle version 1965 :

« Affoler les boussoles, dérégler les pendules, et même le temps qu’il fait, intervertir les pages des encyclopédies, des clés de songes, des manuels de savoir-vivre, …, mettre le nord à l’est, la lune en plein midi, le dessus dessous ou ailleurs … ».

Je romps là car liste est longue et Mirli saurait la rallonger encore avec sa créativité et son imagination dont on ne connait pas encore les limites.

Mirli charleroi
Mirli 

« Ne confondons pas mirlisme et mirlitantisme. », je ne donne pas plus dans l’un que dans l’autre, je suis tout simplement un gourmet gourmand qui aime à se délecter de mirlignardises que « Je déguste (avec) une délicieuse mousse au cachalot ». Il n’y a pas de doute, au temps de l’Os à moelle, Mirli aurait pu faire partie de la bande du Ministère loufoque dont Pierre Dac fut le premier premier ministre mais il aurait certainement été aspiré avant par le courant insufflé en Belgique par les maîtres du burlesque et autres formes d’expressions chères au grands joueurs qui ne misent que sur les mots.

Le recueil sur le site de l’éditeur

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L’horizon se fait attendre

Paul LAMBDA

Cactus Inébranlable éditions

Couverture l horizon se fait attendre 20 03 19

Pas si lambda que ça ce Paul dont on sait seulement de lui que ce qu’il en dit : « Je ne suis ni Belge ni surréaliste et vous prie de me pardonner ». Effectivement, il faut avoir un certain talent, et même un talent certain, pour générer des traits d’esprit comme il en produit et les condenser en des formules qui ont enchanté son éditeur avant d’émerveiller, j’en suis convaincu, tous ceux qui liront ce recueil.

« Je découvrais des phrases conçues dans la dentelle, des propos qui coulaient comme le sable entre les doigts, des mots s’articulant avec une telle évidence que l’on se reprocherait volontiers ne pas pensé la formule avant lui ».

Un auteur qui enthousiasme son éditeur à ce point ne peut, évidemment, n’être que très talentueux.

Pour ma part, j’ai sorti, dès la première formule, mon crayon pour la noter tant sa finesse et sa drôlerie absurde m’avait emballé :

« En ce moment même, à Tokyo, un homme entre dans un bâtiment et quelques secondes plus tard, à Paris, une femme en sort ».

Et, les traits d’esprits s‘enchaînent ainsi de ligne en ligne, de page en page, parce que chez Lambda l’aphorisme est avant tout un trait d’esprit, un trait d’esprit d’une grand finesse qui souvent tutoie l’absurdité sur fond de poésie avec un zeste de sensibilité…

« Nous nous sommes

Tant aimés, toi et moi

Mais toi, tu ne le sais pas. »

Parfois, l’amertume s’invite au banquet de notre monde convoquée par une société peu scrupuleuse, peu attentive à son devenir…

« La vérité toute crue est immangeable. »

Au point qu’on ne peut même plus croire à ses rêves…

« Les marchands de sommeil vendent les rêves en option. »

La réalité est tellement concrète, tellement évidente, tellement prégnante …

« La réalité est trop persistante pour être crédible. »

Ravi par le trait d’esprit, enchanté par la finesse du propos, convaincu par le filet d’amertume, j’ai aussi été ému par la douce tendresse qui sourd sous les jeux qui dépassent de loin les jeux de mots, évoquant plutôt les jeux d’esprit.

Paul lambda cp4

Et surtout ne pas oublier la petite histoire d’amour écrite en filigrane avec quelques dialogues, deux répliques de deux à quatre mots seulement, dispersés tout au long du recueil. Rassemblés, ils constitueraient peut-être la plus petite histoire d ‘amour de la littérature francophone. Un petit bijou semé tout au long du texte comme les cailloux du Petit Poucet.

Un bien joli recueil, plein de finesse, de tendresse et de poésie et, « Si vous saviez tout ce que je ne vous ai pas fait » …

Le recueil sur le site de l’éditeur

L’image contient peut-être : ciel, plein air et eau

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MATRIOCHKA de PHILIPPE REMY-WILKIN (Samsa) / Une lecture d’Éric Allard

Dans le prologue du nouvel ouvrage (prix Gilles Nélod du meilleur récit) de Philippe Remy-Wilkin, on découvre Thomas, un jeune réalisateur, dans la chambre d’un hôtel de Saint-Pétersbourg où il est venu en repérages à l’occasion du festival de cinéma Les Nuits blanches… 

 

Puis l’auteur développe deux séries temporelles de sept sections chacune, l’une qui suit le présent du récit et l’autre qui nous reporte à l’enfance du narrateur auprès d’une mère d’une rare perfidie et d’un père absent jusqu’à une scène qui marquera durablement le jeune homme.

Mais très vite, les lieux et les temps sont déplacés, repoussés ; on quitte Saint-Pétersbourg et même le temps présent du récit pour se retrouver, par glissements progressifs du passé, en 1917 et, d’abord, dans la fameuse Chambre d’ambre, don du Roi de Prusse à Pierre le Grand, dernier tsar de Russie, chambre qui sera démontée pendant la Seconde guerre mondiale et emportée ailleurs.

Les deux lignes narratives qui se jouent des temps et des espaces sont appelées à se rejoindre à l’horizon du texte par l’entremise de deux jeunes filles qui vont faire signe, au propre et au figuré, au jeune cinéaste. Le sous-texte laisse entendre que le dessein de Thomas est de réaliser des images intérieures, trop longtemps refoulées, ou peu s’en faut, dans son subconscient.

Ces images troubles, ténébreuses, ne trouveront leur résolution que plus tard, sans doute dans le film que tournera le cinéaste après qu’il aura symboliquement donné une assise réelle, exploitable artistiquement, à son trauma.

Il n’est pas anodin qu’au début de son périple pétersbourgeois le cinéaste revive par ailleurs au Musée de l’Ermitage l’histoire de l’art et de la peinture, une part donc des images de la création artistique.

Les passages d’un espace-temps à un autre se marquent par une cloison, un mur à forcer au bout d’un couloir, d’une galerie, une prison spatio-temporelle d’où s’évader. C’est une épreuve quasi initiatrice que le jeune homme doit endurer pour accéder à un changement de conscience. Ce à quoi on assiste avec ces lieux qui s’ouvrent sur d’autres, c’est à une suite de métamorphoses du moi du cinéaste, à une succession de mues. Les séquences narratives s’emboîtent les unes dans les autres aussi bien que les différents états de conscience du narrateur.

Chaque péripétie, chaque rencontre happe Thomas qui perd tout contrôle et se trouve soumis au jeu des associations d’idées ou des frasques de la mémoire involontaire qui va réconcilier le jeune homme avec son passé.

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Philippe Remy-Wilkin

Outre le fait qu’elle renvoie aux poupées gigognes, la matriochka du titre fait aussi bien référence à la mère castratrice de Thomas qu’à la la dernière impératrice de Russie car le récit met en relation la grande histoire avec l’histoire individuelle du cinéaste.

Qui plus est, le déplacement réel et la réminiscence vont se télescoper, se répondre d’une façon qui va éclairer l’énigme, faire jouer tous les aspects de ce récit diablement bien mené par un auteur qui joue sur tous les ressorts de la narration et se situe au carrefour  des genres artistiques qu’il apprécie, questionne et pratique : la BD, le cinéma, la littérature ou encore l’histoire.

Il se se situe, pourrait-on dire, au point triple (voire quadruple) de ces disciplines, ce point de dynamique artistique où la substance littéraire coexiste sous trois phases en même temps, où tout interagit de manière détonante.

Il y a ce jeu sur les formes mais amené, de façon ultrasensible, à travers un personnage. Mais il y a aussi la relation de Thomas aux jeunes femmes, une sorte d’impossibilité pour le jeune homme de consommer l’objet de son désir, de devenir adulte autrement que par le trouble, le remords. Il y a du Hitchcock chez lui qui se manifeste par la sorte de tétanie, de vertige qui le saisit face aux femmes, qu’il n’appréhende que par la vision. Mais aussi dans cette difficulté qu’il a à forcer l’hymen ou à se fondre à la chair féminine autrement que, fût-ce métaphoriquement, par le crime, l’effraction, l’écoulement sanguin. La nouvelle puise à notre fond obscur, à notre chambre noire, faits d’interrogations nombreuses sur le passé comme sur le futur, sur le sens de nos actions et de nos inactions, sur la façon de dépasser les questions d’enfermement spatio-temporels et existentiels.

C’est un texte jubilatoire, dans le sens où il est truffé de résonances, de clins d’œil, qui nourrit le commentaire à son propos (ce dernier point qui, d’après Joyce Carol Oates, fait les meilleurs textes). Il se présente comme une équation à résoudre à laquelle, de plus, il n’y a pas de solution unique et définitive sinon celle provisoire que lui attribue le lecteur qui, s’il relit le texte, pourra tout aussi bien se faire une nouvelle vision, un autre film, un montage différent des séquences qui lui sont proposées.

Un très beau récit, de l’ordre des grands textes, que n’épuise pas une seule lecture mais qui infère de multiples interprétations. Un objet littéraire à multiples facettes, à diverses entrées, qui éclaire au-delà de la lecture nos intérieurs hantés par d’ombrageux et encombrants secrets.

Le livre sur le site des Editions Samsa 

Le reportage de Notélé consacré à l’ouvrage

Le blog de Philippe REMY-WILKIN

Toutes ses chroniques littéraires sur Les Belles Phrases 

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2019 – EN ATTENDANT L’ÉTÉ : EXERCICES DE STYLE / Une chronique de Denis Billamboz

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Denis BILLAMBOZ

J’ai regroupé sous ce titre deux livres dont les auteurs ont choisi de présenter leur texte selon une forme originale. CÉCILE VILLAUMÉ, bisontine d’origine, a écrit les textes qu’elle propose dans son livre, « à la manière de », elle a sélectionné des auteurs qu’on ne lit plus, ou de moins en moins, et a écrit comme ils auraient pu écrire sur des sujets qui auraient pu les concerner. LOUISE RAMIER a, elle, écrit des texte comme un compositeur aurait écrit sa partition avec la mélodie, les accompagnements et même des intermezzos.

 

Des écrivains imaginés

Cécile VILLAUMÉ

Le Dilettante

Cécile Villaumé, Bisontine d’origine alors que moi je ne le suis que d’adoption, invite le lecteur à une balade littéraire dans le cimetière des écrivains oubliés (Charles d’Orléans, Antoinette Deshoulières, Manon Roland), en voie d’oubli (Gérard de Nerval, Heinrich von Kleist, Louis Pergaud, Paul Morand, Françoise Dolto), pas encore oubliés car ils figurent encore dans certains manuels scolaires ou sont l’objet d’un véritable culte dans des cercles très restreints (Arthur Conan Doyle, Dostoïevski, Mallarmé, Colette, Proust, Ionesco, Marguerite Dumas). Tous ne sont pas encore dans la fosse commune des écrivains oubliés mais peu sont encore lus par des lecteurs plus attirés par les livres présentés en tête de gondole dans les grandes surfaces.

Cette balade littéraire conduit le lecteur de Charles d’Orléans à Marguerite Duras en suivant l’ordre chronologique des dates de naissance des auteurs présentés. Et pour chaque auteur, Cécile Villaumé a écrit un court texte à la manière de l’auteur, une anecdote marquante de la vie de l’auteur, un événement de son temps qu’il aurait pu commenter, elle fait aussi se rencontrer des personnes qui ne sont peut-être jamais vues, … Une façon de faire revivre ses auteurs qu’on a oubliés un peu trop vite. Et peut-être aussi une opportunité pour remettre sur la feuille une langue qu’on ne sait plus écrire bien qu’on la dise belle. Cécile Villaumé connaît bien cette langue dont elle use avec une grande adresse et beaucoup d’élégance, c’est un vrai bonheur de lire ces courts textes, j’ai avalé ce livre d’une traite.

VILLAUMÉ Cécile
Céline Villaumé

L’imagination déployée par l’auteure pour sortir ces écrivains de l’oubli et la finesse de sa langue ne sont pas les seuls arguments qui ont attaché le livre dans mes mains, m’interdisant de le poser avant d’en avoir épuisé le contenu. J’ai été aussi très attiré par les événements qui se déroulent à Besançon ou dans le département du Doubs, l’auteure doit aimer sa région natale car elle n’a pas été avare en clins d’œil et autres allusions à son endroit. J’ai bien ri quand elle a fait employer Jules Bonnot, un triste sire né dans le Pays de Montbéliard, par Conan Doyle ; j’ai suivi studieusement Mallarmé quand il était professeur là où j’ai été potache ; j’ai été ému quand j’ai lu que von Kleist avait séjourné au fort de Joux comme prisonnier alors que je lisais ce livre à portée d’arbalète du célèbre château et j’ai noté quelques traits d’érudition historique : la rue Poitune n’existe plus, il faut avoir étudié un peu d’histoire locale pour la retrouver aujourd’hui… Toutes ces histoires, tous ces événements, toutes ces anecdotes, tous ces clins d’œil à cette terre qui nous est un peu commune m’ont passionné.

J’ai apprécié aussi l’effort fait par l’auteure pour rester le plus proche possible de la langue de chaque écrivain mis en évidence, c’est un bel exercice de style. J’ai noté également quelques jolis calembours, jeux de mots, aphorismes, j’ai même noté un zeugme bien venu. Je me souviens de ce jeu de mots car, il m’a bien fait rire : « … haschischin carré dans son fauteuil », j’avoue que je n’ai pas essayé de la calculer.

Cécile, il reste suffisamment d’écrivains oubliés qui ne demandent qu’à réapparaître pour le plus grand plaisir de ceux qui, comme moi, aime notre si belle langue. Alors … la suite au prochain numéro !

Le livre sur le site du Dilettante 

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Partition

Louise RAMIER

Editions Louise Bottu

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A La Nouvelle Orléans, comme le veut la tradition, j’ai caressé le pied de la statue de Louis Armstrong dans le parc qui porte son nom mais, contrairement à ce que dit la tradition, je ne suis pas devenu meilleur musicien pour autant. Vous voudrez donc bien excuser mes propos s’ils ont un peu approximatifs à propos de la « partition » que les Editions Louise Bottu proposent, en ce printemps, à notre lecture. « partition », c’est un texte écrit en deux parties, deux portées, une pour la mélodie et l’autre pour l’accompagnement. La mélodie, c’est l’histoire racontée par un enfant qui partage sa vie avec sa grand-mère ; l’accompagnement ce sont les commentaires que l’auteur ajoute après chaque chapitre avec, en prime, un intermezzo.

L’enfant, une fillette ? un garçonnet ? je ne sais, son âge ? « il change tout le temps… ». On sait seulement qu’il partage sa vie, au moins une partie, avec sa grand-mère qui réside au-dessus d’un bistrot dont les remugles laissent un souvenir impérissables dans les narines de l’enfant. La grand-mère, elle, commence un peu à radoter, ou alors, c’est l’enfant qui ne comprend pas ce qu’elle raconte, qui ne connaît pas son langage, les mots qu’elle emploie. Il raconte ce qu’il voit car il ne croit pas trop ce que la grand-mère raconte, les histoires qu’elle voudrait lui conter. « … les histoires sont toujours bidon, on invente, on s’invente, on y croit, mais dans la cuvette pas question d’histoires, … ». Il n’a confiance qu’en son œil mais depuis qu’il l’a découvert dans la cuvette des WC, il se méfie. Par, « Une nuit chaotique, une nuit agitée, tout qui tourne et l’envie de vomir mais ça ne vient pas. Le tournis s’éternise et la position. A genoux, les avant-bras sur la lunette, …, la tête enfouie dans la cuvette je vois le visage et dans le visage l’œil, l’œil dans le reflet qui fixe mon œil. » Comme l’œil de Caïn dans la tombe.

L’accompagnement, c’est ce que l’enfant emmagasine lors de ses très longues stations dans les toilettes où il lit tout et n’importe quoi, la liste figure à la fin du récit, le Petit Robert, des romans, des magazines, des revues, des textes divers. Une somme de lectures impressionnante qui lui inspire des réactions ou des réflexions sur ce que la grand-mère lui raconte, des remarques qu’il note les unes après les autres sans qu’il y ait une réelle relation entre elles, juste des notes pour éclairer son propos, pour préciser sa pensée.

Cette partition, c’est la vie d’un gamin dans une campagne des années cinquante ou soixante dans un confort très rudimentaire, un confort que j’ai connu moi aussi dans ma campagne. Mais, lui il vivait avec une vieille femme qui n’aspirait à aucune modernité et l’enfermait dans les vieilles histoires qu’elle lui racontait, des histoires de son temps révolu, le gamin est convaincu qu’elles ne racontent que du vent. « … ce n’est pas vrai qu’on colle à la réalité en disant ça raconte des histoires, ça se saurait si les mots collaient à la réalité, les mots collent à langue et des lèvres au réel la distance n’est pas grande, elle est infranchissable, et puis le réel, rien qu’un mot, un mot comme un autre, le poète dit le respecter sans y avoir jamais cru mais bon… ». L’auteur se livre à une réflexion sur la fiction, sur la réalité qu’elle transgresse ou qu’elle dévoile derrière les mots qu’elle détourne, c’est au lecteur de débusquer la vérité dans les méandres d’un texte déconstruit, délayé, condensé, … selon l’inspiration de l’auteur.

Peut-être que la grand-mère, elle a connu Jean dont Louise Bottu a déjà raconté l’histoire en plusieurs épisodes mais ça ce n’est qu’une histoire encore et on sait bien que « … les meilleures histoires finissent par lasser heureusement la cuvette et dans la cuvette l’œil, un reflet frissonnant, un reflet troublant sinon quoi, que faire d’autre … ». Elle radote un peu, elle raconte des histoires peu vraisemblables, elle est un peu rude, la grand-mère, mais l’enfant ne peut dissimuler la tendresse qu’il éprouve pour cette vieille femme qui a contribué à construire l’homme qu’il est devenu.

Le livre sur le site des Éditions Louise Bottu

3ème BIENNALE D’ART NAÏF de BRAINE-LE-COMTE / Un article de Philippe Leuckx

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Philippe LEUCKX

Pour les amateurs d’art naïf, pour toutes celles et ceux qui, au souvenir des Bombois, Vivin, Rimbert, s’émerveillent de voir des oeuvres stylées sinon stylisées, fines, et suggestives, c’est l’exposition rêvée : de quoi retrouver cet art de l’enfance, avec ses figures, paysages d’enchantement.

Qui épingler parmi ces quatorze artistes, venus de sept pays européens et d’Amérique du Sud, découverts ce matin même dans la salle des Dominicains de ma bonne ville?

L’Allemand Ulbricht, sur un support huile vernissée (jusqu’à sept couches), réussit de lumineux paysages : un étonnant paysage entre chien et loup, avec figure humaine, entre autres.

Martine Clouet, dans des toiles au format plus ample, donne à voir une marine avec personnages très colorés : une maîtrise du trait, un sens de l’atmosphère.

La Brésilienne Rosana De Paula-Cessac, à l’instar de Botero, enfle ses végétaux (des orangers-buis), dans un entassement très coloré, jouant des strates et des rangées.

Le Français Naze, se souvenant des Dali perchés, transforme des caracoles en bâtisses, hisse des éléphants daliens : nous l’avions vu à l’oeuvre en 2015 et 2017.

Thérèse Coustry, Belge hainuyère, effile des paysages, trace de beaux portraits d’humains et d’animaux domestiques.

Le prix des oeuvres (que l’on peut acquérir sauf pastille rouge) va de180€ à 3900€ (certains artistes ont déjà acquis une renommée internationale à Laval (haut-lieu de l’art naïf) ou ailleurs.

Visite guidée par l’une des membres du collectif « art naïf ».

3e Biennale internationale d’ART NAÏF, Chapelle des Dominicains, Braine-le-Comte,  jusqu’au 9 juin 2019, de 11 h à 18h.

 

LE SILENCE D’ENTRE LES NEIGES de SONIA ELVIREANU (L’Harmattan) / Une lecture de Philippe Leuckx

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PHILIPPE LEUCKX

 

La solitude est blanche, la mémoire aussi, comme le chagrin d’avoir perdu un proche. « D’entre les neiges », que faut-il espérer qui ne fonde pas, qui ne s’entasse pas, qui ne se délite pas de ce qui fut perdu?

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La poétesse et essayiste roumaine, ici en langue française, explore la matière intime des tristesses insondables, incurables.

Alors, on erre, les nuits semblent longues et lentes, la solitude emplit tout: ciel, ponts, même le crépuscule – amorce des chagrins – « tombe dans l’âme » auprès d’un « vent meurtrier ».

En élégie profonde, la poète scrute la lumière, la pénétration des matins, entre « soie » et « coins rouillés ».

Sonia Elvireanu

Certes, « la solitude mûrit le chiendent », sorte d’apologue visant la main qui trace à vers sûrs son propre chagrin, mûri de solitude.

Il est plein de silence, ce livre qui quête l’apaisement, comme un baume sur une brûlure, dans les rets de l' »égarement sur le chemin d’hier ».

Mais quelque chose de neuf peut palpiter au fond de soi, une espèce de « miracle » qui puisse assourdir le chagrin et faire revenir la poète « au monde/ le cœur palpitant/ dans l’étreinte de l’être » (p.101).

Après l’errance, le « détachement de soi », il reste la force unique, cet « amour » qui lia, et qui, au-delà des mots, résume « la seule voie vers toi » disparu, et retrouvé grâce à cette écriture d’un bien beau lyrisme :

« je demande au vent, à la feuille/ où te retrouver » (p.89)

L’aimée sait que le disparu se niche en amour quelque part, mais où?

La beauté du livre tient à cette recherche éprouvante et à son éclair de réponse suggérée dans le parfum des éléments.

Elvireanu Sonia, Le silence d’entre les neiges, L’Harmattan, 2018, 138p., 14,50€

Le recueil sur le site de L’Harmattan

Les articles de Sonia ELVIREANU sur MondesFrancophones. com 

2019 – EN ATTENDANT L’ÉTÉ : DE LA POÉSIE DE LANSKINE / Une chronique de Denis Billamboz

DENIS BILLAMBOZ

LansKine, une petite maison d’édition, certes par la taille, mais pas par les talents qu’elle héberge. L’exigence est de règle chez cet éditeur qui consacre une large place à la poésie en vers comme en prose. Et, pour cette chronique, j’ai réuni un très beau recueil d’ISABELLE ALENTOUR en vers et un tout aussi intéressant recueil en prose de GUILLAUME DECOURT. Une moisson de poésie, de rêve et douceur pour attendre les moissons plus concrètes de l’été.

Louise

Isabelle ALENTOUR

LansKine

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Pur produit de la formation scientifique, Isabelle Alentour s’est d’abord tout naturellement investi dans le monde de la recherche avant d’évoluer vers une application plus concrète de son savoir dans le domaine clinique. Elle aborde ensuite l’écriture et propose ce recueil de poésie qui est, pour moi, plus qu’un recueil de poèmes, c’est l’histoire d’une fillette devenue grande, l’histoire de Louise qui aurait suivi le parcours d’Isabelle dans les laboratoires, au chevet des patients, dans toute l’insouciance d’une fillette qui aime ses doudous, les colifichets, les jolis atours, le petit monde qui l’entoure. Mais, en espérant que ce ne soit que de la fiction, Louise est une petite fille trop mignonne qui attire le regard des pervers dont elle devient vite la victime, l’innocence incarnée qu’on martyrise.

Louise, c’est un texte doux, fin, léger, arachnéen, des vers qui s’envolent comme des oiseaux dans un verger ou des feuilles dans une fraîche brise, même s’ils racontent souvent le calvaire de Louise qui commence comme toujours par des regards qui pourraient paraître innocents, surtout aux yeux d’une fillette impubère.

« Cela se passait chaque soir au coucher.

Il se pointait à la porte de la chambre, s’appuyait au chambranle et,

Durant tout le temps de la mise en pyjama, me tripotait de son regard. »

Les regards se font de plus en plus lourds pour prendre consistance, devenir caresses puis gestes et actes sexuels.

« Le sens de tard dans la nuit j/e l’ai appris l’année de mes quatorze ans,

Depuis j/e ne dors plus. »

Louise ne sait même pas nommer ce qu’elle voit, ce qu’elle ressent, ce qu’elle subit, elle n’a pas les mots pour dire ce qu’on lui inflige. Elle régresse, ses repères se dispersent. Son langage n’est pas fait pour raconter ce que l’adulte lui impose.

 « Peu à peu mes lettres se relient.

Certaines, j/e les partage avec certains.

Avec d’autres aucune.

Toutes avec aucuns.

Et avec certaines, pas toutes je vous prie. »

Louise a perdu son identité, elle ne sait plus qui elle est, elle craint son entourage sans avoir qui réellement redouter.

« Est-ce que j/e suis, ce que j/e tente d’être, ce que je n’ose être.

Parfois j/e ne sais qui être.

Pour un peu j/e rêverais d’avoir les ailes d’un oiseau. »

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Isabelle Alentour

Isabelle Alentour a écrit un très beau texte, un texte que j’ai beaucoup aimé même s’il raconte des choses horribles, des choses qui deviennent encore plus insupportables, plus intolérables, quand elles sont décrites avec tant de douceur et de candeur, d’innocence et de virtuosité littéraire. Le texte accompagne la fillette dans sa régression psychique et comportementale en se dégradant, se déstructurant au fur et à mesure que la fillette glisse dans un monde qu’elle ne connait, qu’elle ne comprend pas, qu’elle n’accepte pas, qui la souille à jamais.

« Tout ventre de fille ébréché est un pays envahi. »

Le livre sur le site de LansKine

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Un gratte-ciel, des gratte-ciel

Guillaume DECOURT

LansKine

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J’ai traversé ce recueil de cent-dis-huit poèmes en prose, tous presque identiques dans la forme, quatre lignes en général trois parfois, seulement quelques phrases très dépouillées pour dépeindre un tableau, parfois une nature morte, parfois un paysage, parfois un scène avec personnages, …, comme on visite une galerie de peintures dans un musée. J’ai même entendu la musique de Moussorgski. Chacun des textes de Guillaume Decourt représente une scène de la vie, de sa vie, sa vie à Paris comme cette scène de rue que j’ai choisie car je suis souvent passé par ce quartier pour rejoindre la gare où j’arrivais à Paris et le lieu où nous nous réunissions pour parler de choses sérieuses.

« Une jeune femme habite maintenant tout près du parc Montsouris. Nous devons nous éviter pour ne pas repartir de zéro. Le buraliste de la place de Rungis me prend pour quelqu’un que je ne suis pas. Un personnage célèbre. »

Je n’ai pas connu la dame mais j’ai lu dans le parc cet j’ai traversé la place un certain nombre de fois. Guillaume évoque aussi son séjour dans les îles. Ses poèmes chantent l’Océan Indien entre Madagascar et les côtes du Mozambique où il passé une tranche de sa vie.

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Guillaume Decourt

« Ils se rencontrent à Lourenço Marques. Elle porte des chaussures en pneu de camion militaire. Simonov est bulgare. Une femme qui n’a plus de lait tend son enfant mort. Me voici. Les Russes mangent autour de la piscine. »

Toute la misère de ce pays est contenue dans ces quelques mots. Et il raconte avec la même concision, la même précision, son séjour en Grèce.

« C’est le début du mois de juillet. La grand-mère est morte. Vassili Karistinou, née en 1912 à Céphalonie, veuve pendant cinquante ans, je n’ai pas baisé son front dans l’église. Ses yeux me faisaient peur. »

Ces textes sont de véritables épures, ils sont à la littérature ce qu’un exercice sur la poutre est à la gymnastique. Ils ne comportent que les quelques mots nécessaires pour faire vivre le tableau qu’ils évoquent, tous les mots sont nécessaires aucun ne peut être rejeté. Ces poèmes d’une grande pureté et d’une grande élégance peuvent se lire comme des haïkus en respectant la même scansion, leur chute est tout aussi éloquente. Ce sont des petites histoires dont on peut imaginer les couleurs et la musique en laissant les yeux vagabonder sur la page et l’imagination courir sur les lignes.

Le livre sur le site de LansKine

La maison d’édition LANSKINE

 

LES SCEPTIQUES

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Le scepticisme est l’ivresse de l’impasse

Emil Cioran

Les haricot & les asticot-sceptiques, les noyau d’abricot-sceptiques, les catho & JésusChristo-sceptiques, les bigot & bécot-sceptiques, les grammato & grommelot-sceptiques, les populo & aristo-sceptiques, les cogito & logo-sceptiques, les cabillaud & maquereau-sceptiques, les latino-sceptiques et les sceptiques-incognito, les syndico-sceptiques et les accro-sceptiques, les génito & pornosceptiques, les autopromo & proto-sceptiques, les Rimbaud & Brautigano-sceptiques, les Bushido & MishimaYukio-sceptiques, les Subito & Presto-sceptiques, les libido & freudo-sceptiques, les coquelicot & fleur de pavot-sceptiques, les gigot & saucebolo-sceptiques, les gothico & wisigoth-sceptiques, les artichaut & beurre de cacao-sceptiques, les vertico & obliquo-sceptiques, les matelot & calypso-sceptiques, les tricot & polo-sceptiques, les disco & MoroderGiorgio-sceptiques, les marigot & crado-sceptiques, les bigot & psycho-sceptiques, les politico & lavabo-sceptiques, les sado & scato-sceptiques, les 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