DE TOUTES MES FARCES d’ÉRIC DEJAEGER (Cactus Inébranlable)/ Une lecture d’Éric ALLARD

Ne nous laissons pas abattre !

Dans ce nouveau recueil d’irréflexions où, dixit l’auteur, il faut déraison garder, Éric Dejaeger n’a rien perdu de sa force de frappe, et il s’en  sert pour asséner ses aphorismes un peu marteau sur ces cibles favorites. Les coups pleuvent et les clous plient. Les attaques visent autant les frasques et travers du bien nommé Homo Facebookus que les corps hors-norme, il est vrai, pour les besoins d’un bon mot, d’un calembour du meilleur cru ou d’une contrepèterie pétante. Tout ce qui dépasse, dépare, se monte la tête, est étêté, ravalé, ramené à son néant d’origine, à sa poussière finale. C’est la méthode Coué-blessures, que ça plaie ou non.

Sourd dans cette entreprise de destruction martelée d’humour, souvent noir, des appels au calme, à la sérénité et, même, ici ou là, des formes de confidences. Mieux vaut, certes, sortir casqué pour se prémunir des coups portés.

Mais au moment où on regrette l’époque des saillies de Charlie Hebdo non encore battues en brèche par les mots d’ordre des ayatollahs, ce recueil tombe à point pour clamer que, sans liberté de blasphémer, de faire tomber les tabous, toujours sur fond de croyance, la vie ne serait point raisonnable, et qu’il faut la défendre bec et ongles.

Pour ne pas se laisser abattre, servons-nous des mots comme d’une arme de résistance massive !

Et, pour se mettre en ordre de bataille, voici une sélection d’aphorismes frappants !

Tout bon médecin cherche des pouls à ses patients.

Mon divan est interdit de psy.

Ce top-modèle ne m’a pas posé de lapin. Variante : ce mannequin ne s’est pas défilé.

Le mathématicien qui se lance dans le roman doit savoir conter.

L’erreur est « Tu m’aimes. »

Très bien conservée, elle eut droit à 60 ans à une retraite aux flancs beaux.

Un homme de paille ne fait jamais d’étincelle.

Une journée à lire, sans écrire, est un pur plaisir.

Au crématorium, la musique adoucit la mort.

Après deux ou trois jours, un gréviste de la faim n’est plus capable d’emmerder qui que ce soit.

La plus belle façon de se passer d’un emploi est de vivre en autarcie. Ce qui demande beaucoup de travail.

Jésus tombe pour la cent vingt-huitième fois.  Quel calvaire pour les spectateurs !

On se doutait que ces poètes vicieux créeraient un cercle.

Le chimiste préfère les combinaisons aux nuisettes.

Livre introuvable : Alice au potager des merveilles par Les Huit Scaroles.

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L’illustration de couverture est de Jean-Paul Verstraeten.

Le livre sur le site du Cactus Inébranlable

Court toujours, le blog d’Eric DEJAEGER

Un dossier et une interview d’Eric Dejaeger (en 2002)

Vient aussi de sortir chez le même éditeur :

LIMITATION DE LA POÉSIE Cours clastique en préparation au bac à ordures d’André STAS & Éric DEJAEGER

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