L’HOMME À LA CHIMAY BLEUE de JEAN-PHILIPPE QUERTON (Cactus Inébranlable) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

CHRONIQUES de NATHALIE DELHAYE – LES BELLES PHRASES
Nathalie DELHAYE

Bleus au coeur

Un homme, presque condamné par ses excès et la maladie, décide d’en finir en se suicidant à la Chimay bleue. Ce nectar délicat sera désormais son seul ami et enterrera sa triste vie. Il fait fi des recommandations de son médecin, qui espère un changement de comportement pour inverser la tendance.

L‘humour noir est présent dans cet ouvrage, caustique, pince-sans-rire, Jean-Philippe Querton nous raconte les déboires de cet homme fatigué de vivre. Celui-ci s’isole, de plus en plus, s’éloigne de son environnement, coupe le contact avec tout le monde, et ne se livre plus qu’à l’enivrement, jusqu’à tomber, de sa boisson préférée.

Il sombre inexorablement, s’abandonnant à l’état alcoolique en permanence, on ressent la détresse, le chagrin, le submerger, plus rien ne compte, il est seul et veut le demeurer, à jamais.

Un lâcher-prise progressif qui plonge notre homme dans les méandres de l’addiction, il se demande quand viendra son heure, défie la bière et les quantités…
Jusqu’au jour où… Un regard, un sourire, un ange l’interpelle, et son triste dessein est remis en question.

Ce livre m’a fait penser à « Fable d’amour », d’Antonio Moresco, par le thème abordé. Un homme en perdition, qui s’accroche soudain à un ange salvateur, l’innocence incarnée, la douceur, une lueur d’espoir.

Mais ici, ce n’est pas un conte… Le titre, « L’homme à la Chimay bleue » et la couverture noire laissent augurer un livre sombre, un polar, une enquête à la Maigret. C’est une descente aux enfers, mais on sourit, on rit, on s’émeut, et on se dit que c’est possible, la chute vertigineuse se justifie, le sursaut se comprend, l’envie de survivre se conçoit.

Un roman qui traite de l’alcoolisme, de l’impuissance face à la maladie, de la marginalisation, et surtout de la solitude, de solitudes plurielles, qui mêlent pour un temps leurs destins.

Amougies: Cactus inébranlable, une maison d'édition qui pique ...
Jean-Philippe Querton

Le roman sur le site du Cactus Inébranlable 

VERTIGE ! de PHILIPPE REMY-WILKIN (Maelström) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

AVANT QUE J'OUBLIE d'ANNE PAULY (Verdier) / Une chronique de Nathalie DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Quand tout s’éclaire

Découverte de la Collection « Bruxelles se conte », et enchantement dès ce premier Opus où l’on accompagne un auteur au Musée d’Art Africain de Tervueren, invité par hasard à une visite particulière.

Au-delà de l’histoire du Congo et des tensions avec le « colonisateur », ce sont l’esprit torturé et le bouleversement subi par cet auteur qui m’ont transportée. Qui ne s’est jamais posé de questions sur ses origines ? Qui n’a pas d’ignorance, de secret de famille, de choses inavouées dans son cercle familial ?

BSC #81 Vertige !

Ces interrogations assaillent notre visiteur, attentif pourtant, et réactif aux commentaires du guide. Mais en filigrane plane un mystère, pèse un poids indéfinissable qui jette une part d’ombre sur cette visite étrange. Pourquoi lui ? Pourquoi ses pas l’ont-ils mené ici ?

On se perd avec lui dans cette introspection, sensibles pourtant face à l’Histoire et ses remous, sa cruauté et la tristesse d’une époque, mais notre protagoniste semble aux aguets et attend quelque chose…

Un ouvrage délicat, qui nous conte la Belgique, Bruxelles, l’Afrique, la colonisation, l’indépendance, un voyage dans le temps et une sensation de vertige pour notre homme qui se trouve ici par le plus pur des hasards… Ou pas…

CHRONIQUES de PHILIPPE REMY-WILKIN – LES BELLES PHRASES
Philippe REMY-WILKIN (par Pablo Garrigos Cucarella)

Le livre sur le site de Maelström 

Le blog de Philippe REMY-WILKIN

FRIEDA – LA VÉRITABLE HISTOIRE DE LADY CHATTERLEY d’ANNABEL ABS / Une lecture de Nathalie DELHAYE

POURQUOI LES HOMMES FUIENT ? de ERWAN LARHER (Quidam) / Une lecture de Nathalie DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Liberté à tout prix

Frieda vit en Angleterre, avec son mari Ernest Weekley, philologue brillant, et ses trois enfants. Elle s’est habituée à cette vie, mettant de côté ses propres aspirations et se révélant être une bonne mère. L’esprit conservateur de son époux la maintient dans cette condition, il ne voit pas, n’entend pas cette épouse qui aimerait parler avec lui de poésie, participer à ses travaux, partager sa passion pour les mots.

Télécharger la couverture

Frieda a deux soeurs en Allemagne, qui ne subissent pas le carcan de leur soeur. Elles ont découvert les salons, fréquentent des hommes très libéraux, révolutionnaires, idéalistes… Elles déplorent la condition de Frieda et vont lui ouvrir les yeux, lui insuffler quelques idées.

Progressivement la jeune femme se rend compte de l’étroitesse de sa vie, et lors d’un voyage chez ses soeurs, elle découvre une toute autre vie, se délecte des plaisirs défendus, s’offre une toute autre existence. De retour en Angleterre, elle essaiera de faire passer le message auprès d’Ernest qui, choqué, secoué, ne reconnaîtra pas cette nouvelle épouse transformée.

Annabel ABS 

Et puis arrive dans sa vie l’écrivain sans le sou, dont elle deviendra l’épouse et la muse, avec qui elle partagera tout et à qui elle se donnera entièrement. Enfin elle peut s’exprimer comme elle le souhaite, vivre et respirer.

L’histoire de cette femme est romanesque à souhait, la belle s’est réveillée et n’aura de cesse d’assouvir ses désirs, d’aller au bout des choses, de vivre pleinement et de développer son intellect et sa sensualité.

Très bien documenté, ce roman nous raconte cette vie incroyable, le thème est fort, le dilemme annoncé, l’esprit et l’envie de liberté prennent le pas sur le reste. Tout le reste…

Le livre sur les site de HC Editions 

 

POURQUOI LES HOMMES FUIENT ? de ERWAN LARHER (Quidam) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

AVANT QUE J'OUBLIE d'ANNE PAULY (Verdier) / Une chronique de Nathalie DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Bulles de gaieté

Jane, jeune fille d’une vingtaine d’années, serveuse pour un traiteur parisien, ou hôtesse au Salon du Livre, se trouve un soir en compagnie de l’Ecrivain, qui cherche à apprivoiser cette petite, toute fraîche, et pourquoi pas, plus si affinités…

Pourquoi les hommes fuient ?

C‘est sans compter que Jane a bien d’autres préoccupations, loin de toute romance naissante, beaucoup plus terre à terre qu’il n’y paraît.

Elle a un gros souci, voudrait connaître son père, se trouvant seule suite au décès de sa mère. Et elle met tout en oeuvre pour arriver à ses fins…

Au-delà de la quête de la jeune fille pour connaître son père, et un peu de son histoire, ce livre est d’une gaieté formidable. Non pas que les moments dramatiques soient bannis, il y en a, et pas des moindres, mais la légèreté, l’esprit facétieux et la gouaille de Jane nous emmènent dans son univers.

Erwan LARHER

Dotée de beaucoup d’humour, elle mène son combat façon guerrière, appelant un chat un chat, ne s’attristant guère de son sort, et balaie sur son passage tous les gens qu’elle peut croiser. Elle s’accorde quelques instants de répit, de douceur, de sexe quand l’occasion se présente, mais ce petit oiseau libre et envieux de poursuivre sa route ne s’embarrasse pas de fardeau ! Sachant bondir et rebondir, pleine de vie, elle fonce à cent à l’heure vers le but qu’elle s’est fixé.

On la talonne, le sourire aux lèvres, à l’affût de la prochaine vanne, suivant son regard sur les choses qui l’entourent, les gens qu’elle rencontre, écoutant les informations susceptibles de l’intéresser dans sa quête, et c’est une perpétuelle course que le lecteur mène, à petites foulées.

Des chapitres en aparté, pensées profondes d’autres protagonistes, permettent de reprendre un souffle plus régulier, l’écriture se distingue et le ton est plus grave.

Choc des cultures, des traditions, des générations, des langages, ce livre a été pour moi une belle surprise.

Le livre sur le site de Quidam

ERWAN LARHER sur le site de Quidam 

LE CORPS DES ANGES de MATHIEU RIBOULET (Gallimard) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

AVANT QUE J'OUBLIE d'ANNE PAULY (Verdier) / Une chronique de Nathalie DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Tragique alchimie

« Le corps des anges » est l’histoire de deux êtres que tout oppose, qui n’auraient dû jamais se rencontrer, et que le destin a rassemblés, pourtant…

Le corps des anges - Mathieu Riboulet - Folio

Rémi est un garçon vivant à la campagne, dans la ferme de ses parents, dans le département de la Creuse. Qualifié d’assez lent, ses parents désespèrent de ce fils au comportement étrange, s’absentant des heures durant, revenant plein de bleus, de blessures. Il faut dire que c’est son truc, à Rémi, se jeter à terre, rouler, chuter de la mobylette, prendre des risques, ça le grise…

Il aime aussi se cacher dans les haies, parler aux oiseaux. Il attend… Il attend quelque chose, quelqu’un, on ne sait exactement qui ou quoi. Dans son esprit, il vit avec les anges, se veut libre, subit pourtant le carcan familial, les travaux de la ferme, la relève. Il assume sa différence, se forge un caractère et se réfugie dans sa solitude à la moindre occasion.

Gabriel est parisien, il apprend l’été de ses seize ans le décès de ses parents suite à un accident de voiture. Le choc est rude. Il part vivre chez son frère Pascal, puis, ne pouvant faire son deuil et cherchant désespérément un signe de ses parents, de sa mère plus précisément, il s’émancipe et part à l’aventure. Gabriel aime les garçons, il est beau, jeune, c’est un ange, et il attire tous les regards. Ses rencontres, ses errements, le font rencontrer des gens aisés chez lesquels il vit, il pourrait se complaire dans cette oisiveté, dans cette facilité. Et pourtant, il les quitte, toujours en quête, il part dans les Ardennes travailler dur au creux de la forêt, puis dans le Jura, il se fait mal, et cherche, cherche toujours un signe, veut entendre sa mère, souhaite se libérer, et erre encore, parcourt la France.

Le jour arrive où Gabriel, résident de la « Maison des fous » non loin de la ferme de Rémi, vient prêter main forte aux travaux de la terre.

Ce livre délicat à l’écriture poétique nous offre l’histoire de ces deux êtres sensibles, différents, reclus, blessés dans leurs corps et leurs âmes. Il est difficile d’appréhender cette histoire, l’étude profonde qu’offre l’auteur de chacune de ces personnalités est déroutante. L’histoire est touchante, deux garçons paumés, en proie aux doutes, au ressentiment, à la douleur de vivre, frappés psychologiquement pour des raisons tout à fait différentes, que le destin a réunis, mais à quel dessein ?

Le livre sur le site de Folio 

Mathieu Riboulet (1960-2018) sur le site de Verdier

 

NOS RÊVES SONT PRIÉS DE PRENDRE UNE DOUCHE FROIDE de BENOÎT JEANTET (Jacques Flament) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

MÉTÉO MARINE de FABIENNE RIVAYRAN (Jacques Flament Alternative Editoriale) / Une lecture de Nathalie DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Lutte permanente

Benoît Jeantet nous offre ce recueil dans la Collection « Paroles de Poètes« , chez Jacques Flament Editions.

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La mélancolie et le lâcher prise semblent être les maîtres mots de cet ouvrage.
Ces rêves et pensées, présentés en segments parfois ambigus, révèlent un esprit tourmenté, une âme désabusée, pleine de ressentiment, plongeant le lecteur dans l’intime et les blessures secrètes.

Luttant contre les fantômes de la nuit, un ennui profond et une lassitude face à un quotidien pesant, les textes se succèdent et forment un bloc d’émotions diverses.

Le monde est si glissant
qu’une colline sous la pluie

On voulait tous un gros morceau de ciel.
Bien sûr, y’en avait pas pour tout le monde.
Bien sûr.

J’en étais à peser le pour et le contre.
Et, quand même, le contre pesait mon âne mort.

Il apparaît parfois quelques bribes de clarté, un souvenir plus doux, un instant d’apaisement qui offre une bouffée d’oxygène.

Rien n’est plus bancal qu’un lundi matin.
Mais que ton sourire passe et repasse dessus
et alors tout, très vite, retrouve son équilibre.

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Benoît Jeantet

De métaphores en déductions implacables, de moments partagés au besoin d’exploser, l’âme perdue du poète a bien du mal à reprendre pied et avancer.

Mais oui, des fois, la tristesse
ça fait même voler en éclats
le carreau des fenêtres

Une douche froide serait bienvenue, effectivement, pour laver et évacuer toute cette tristesse, frapper l’épiderme de plein fouet et offrir, enfin, un renouveau.

Pour commander le recueil sur le site de l’éditeur 

Benoît JEANTET sur le site de l’éditeur 

LA NUIT DES BÉGUINES d’ALINE KINER (Liana Levi) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

MÉTÉO MARINE de FABIENNE RIVAYRAN (Jacques Flament Alternative Editoriale) / Une lecture de Nathalie DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Éprises de liberté

J’ai eu grand plaisir à lire « La nuit des béguines ». Hormis dans l’histoire de ces femmes pieuses, mais non nonnes, éprises d’indépendance, célibataires ou veuves, qui décident de vivre en communauté, de travailler pour subvenir à leurs besoins et d’aider d’autres femmes en difficultés, Aline Kiner nous plonge au XIVème siècle, sous le règne de Philippe Le Bel, et nous offre une belle leçon d’Histoire.

La Nuit des béguines

Nous découvrons Ysabel, herboriste, soigneuse, voire guérisseuse, qui ne ménage pas sa peine pour aider les malades qui lui sont confiées. Au-delà des soins prodigués, elle leur apporte écoute et assistance, tant morale que logistique, trouve des solutions à leurs situations précaires, C’est dans ce contexte qu’elle recueille Maheut, une jeune femme énigmatique, apeurée, qui ne se livre pas.

Les personnages entourés de secrets se succèdent, Ade, Humbert, Agnès, Clémence, Jeanne, tous ont autant de choses à cacher, enfouies au plus profond d’eux-mêmes. Par ces temps troublés, mieux vaut être discret et ne pas attirer l’attention. Le béguinage est en proie aux critiques, cette institution est menacée par les décisions pontificales, car elle dérange, en ce siècle d’Inquisition. Ces femmes indépendantes, cultivées pour nombre d’entre elles, maîtresses d’elles-mêmes, détonnent avec l’esprit du siècle.

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Aline Kiner 

Une écriture riche, un vocabulaire adapté qui nous incite à découvrir parfois les définitions de termes inconnus, une histoire plaisante, des faits historiques qui jalonnent l’ouvrage, et le récit de ces femmes qui ont lutté pour leur liberté si tôt, un bon livre en somme !

Le livre sur le site de l’éditeur

 

 

 

AVANT QUE J’OUBLIE d’ANNE PAULY (Verdier) / Une chronique de Nathalie DELHAYE

LES ADIEUX D'UNE FILLE d'ANNE PAULY (Verdier) / Une lecture de Nathalie DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Les adieux d’une fille

Anne et Jean-François perdent leur père atteint d’un cancer, qui était hospitalisé depuis quelques jours, victime d’une embolie pulmonaire.
Le frère et la soeur, à présent orphelins, bien que préparés à cette triste fin, peinent à l’accepter, et à remonter la pente.


Dans ce livre, c’est Anne qui raconte sa terrible souffrance. Ce thème dramatique est abordé de façon humoristique, Anne retraçant les faits de manière drôle et délicate. Elle écrit ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent, ce qu’elle voit de manière légère, avec une certaine pudeur, et pourtant, au plus profond d’elle-même, elle souffre… Elle a accompagné son père dans ses derniers moments, mais doute d’avoir bien fait.

Viennent les souvenirs, la vie avec son frère et ses parents, une enfance contrariée par les agissements d’un père alcoolique, une mère qui subissait la situation, et les enfants habitués à ces comportements. Les anecdotes défilent dans l’esprit de la jeune femme, le sourire fait place aux larmes. Jean-François, lui, semble plus marqué par cette période, plus intransigeant avec ce père qui vient de partir, mais il se débat également avec sa peine et son ressentiment.

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Anne Pauly

Anne supporte tout ou presque de la suite des événements. Les funérailles, les formalités, la maison à débarrasser ; Jean-François se détache clairement de ses obligations, indifférent.

On m’avait dit, en brandissant comme une menace un rouleau de sacs poubelle, quand quelqu’un meurt, il faut agir, trier, ranger, répartir, écrémer, choisir ce que tu veux garder et te débarrasser du reste. Et plus vite que ça. C’est comme ça qu’on fait, c’est ça qu’il faut faire, tu devrais faire ça, ça t’aidera c’est sûr.

Un livre qui peut parler à chacun d’entre nous, orphelins ou amenés à l’être un jour. Cet ouvrage se révèle très humain, mêlant instants drôles et moments touchants, l’émotion prend parfois le pas mais ne tombe jamais dans le mélodrame.

Une belle façon de traiter ce thème, et d’aborder le deuil des parents, ce qu’ils étaient, ce qu’il restera d’eux.

Le livre sur le site de l’éditeur

Anne PAULY sur le site de Verdier

MÉTÉO MARINE de FABIENNE RIVAYRAN (Jacques Flament Alternative Editoriale) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

Le TOP 5 de NATHALIE DELHAYE
Nathalie DELHAYE

Le tourbillon de la vie

« Météo Marine » est une nouvelle, un petit format proposé par Jacques Flament Alternative Editoriale, dans sa collection Côté court.

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C‘est l’histoire de Lisa et Pierre, deux personnes esseulées qui se trouvent voisines, quelque part dans le sud ouest, région qu’ils ont choisie tous les deux pour fuir… Fuir leur histoire, une vie compliquée, cruelle. Et ces deux personnes vont se découvrir, s’apprivoiser petit à petit. Lisa est plus ouverte, Pierre se cantonne dans ses silences et un mystère qui intrigue la jeune femme.

Le tourbillon de la vie va encore les emporter, et les ramener à leurs douleurs respectives…

Fabienne Riveyran nous emmène dans cette belle région qui prend sa place dans cette histoire.
L’émotion est vive, le suspense bien mené, les vies de chacun se dessinent au fil des pages, et on regrette que ce format soit si petit, finalement…

Pour commander le livre sur le site de l’éditeur 

Fabienne Riveyran sur le site de l’éditeur 

EN SON ABSENCE de ARMEL JOB (Robert Laffont) / Une lecture de Nathalie DELHAYE

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Nathalie DELHAYE

Bénédicte se rend à l’école un matin, et ne rentre pas après sa journée de cours. Sa famille, les amis et voisins sont inquiets, et tout le village bientôt partage la peine des parents et essaie de se rendre utile pour comprendre ce qu’il s’est passé et en découdre avec certains…

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Le drame est identifiable, les lieux, un petit village de l’Ardenne belge, brossé comme un tableau par l’auteur, nous semble familier, et le mal-être ambiant nous renvoie à nos propres craintes et nos sombres pensées en de telles circonstances.

M. Job, avec une plume plaisante, nous emmène aux confins de son thriller psychologique. Tout au long de l’ouvrage on s’interroge, voyant défiler les personnages dont il appuie ostensiblement les traits, telle Mme Maca, qui voit tout, sait tout du village, donneuse de leçons, aux idées bien arrêtées, ou encore Julien, chauffeur de bus en proie à de drôles de sentiments, perdu depuis la mort de sa fille, amie de la disparue. Les hypothèses fusent, les enquêteurs, caricaturés comme il se doit, sont bien en peine de trouver un véritable indice dans ce microcosme où chacun s’épie, se trahit, se hait parfois, se soupçonne. D’autres agissements auraient pu toutefois faire avancer l’enquête, un peu plus de transparence de la part de la Police, un peu moins de suspicion de la part des villageois, mais l’être humain est ainsi fait !
Le pire est envisagé, bien sûr, avec des images d’un passé pas si lointain, Dutroux et ses monstruosités, d’autres disparitions inexpliquées…

Un livre à l’ambiance pesante, le malheur d’une famille éclatée, l’incompréhension d’un village et le piétinement d’une enquête, de quoi offrir une lecture agréable pour les amateurs du genre, et découvrir d’autres ouvrages de M. Job.

Le livre sur Lisez ! (également disponible en Pocket)

ARMEL JOB sur le site de l’AEB