MOI, MARTHE ET LES AUTRES d’ANTOINE WAUTERS, une lecture de Nathalie Delhaye

ac5663f3df9b
Nathalie Delhaye

Antoine Wauters nous offre ici une vision apocalyptique de notre monde, au travers d’un groupe de jeunes (et moins jeunes) qui déambulent dans une ville ravagée, où les cadavres jonchent le sol, où les magasins sont pillés, où il ne reste plus grand chose à faire, sinon essayer de survivre.

Résultat de recherche d'images pour "moi marthe et les autres antoine wauters verdier"

Les biens et le confort sont anéantis. Il s’agit bien là d’être le premier à s’emparer de quelque chose à manger, de chercher le strict nécessaire pour se garantir encore quelque dignité, mais au fil des étapes les chances s’amenuisent et les revers deviennent douloureux. Quelques protagonistes évoquent le passé flamboyant, mais nombre d’autres n’ont même pas connu ce temps de relative aisance. Ils semblent être nés après, ou juste avant, pour ne pas pouvoir se souvenir.
Mais après quoi ?

Les instincts se réveillent au fil des pages, et les plus bas jaillissent bientôt. Tout ce petit monde agit « comme des bêtes »,  il n’est plus question de penser, il faut agir et trouver à manger, se soulager de vives douleurs, se venger de l’importun, s’unir pour avoir la sensation de vivre encore.

Un bien triste constat que nous offre l’auteur, regard plus que sombre sur une société qui part en sucette, sur les hommes qui ont perdu de leur superbe, sur la nature désoeuvrée qui, malgré tout, semble reprendre ses droits.

Un livre d’une noirceur notable, où le chaos domine, où la peur règne, où la folie n’est pas loin…

Le roman sur le site des Éditions Verdier

ANTOINE WAUTERS chez Verdier et chez Cheyne Editeur

Image associée

Publicités

FORÊTS NOIRES de ROMAIN VERGER, par Nathalie DELHAYE

ac5663f3df9b
Nathalie DELHAYE

Résultat de recherche d'images pour "forêt noire romain verger quidam editeur"

AU PLUS PROFOND

Un jeune chercheur en géologie est envoyé au Japon, au pied du Fuji-Yama, près d’une des plus vieilles et importantes forêts de ce pays, afin d’y étudier l’influence du magma sur la végétation. Contraint de s’y rendre, laissant derrière lui sa vieille mère en souffrance, écarté vraisemblablement par une hiérarchie et des collègues indélicats, il se lance dans cette exploration avec appréhension, d’autant que la forêt Aokigahara Jukai (mer d’arbres), semble attirer nombre d’hommes qui n’en reviennent jamais..

Cette expérience va fortement perturber le jeune homme, en proie à de douloureux souvenirs, toujours liés à la nature et aux arbres. Romain Verger nous offre ici comme un enchevêtrement d’histoires, avec en fers de lance l’arbre et la forêt. Accueillante comme nous pouvons la connaître, celle-ci se trouve bientôt envahissante, asphyxiante, horrifiante. Les souvenirs de l’enfant devenu adulte resurgissent de manière violente, avec des figures l’ayant marqué à tout jamais, des personnalités effrayantes ou mystérieuses, fragilisant le petit être qu’il était et l’adolescent grandissant.

Comme toujours, l’auteur nous emporte au creux de nous-même et nous rappelle nos craintes. Mystères d’enfance et apprentissage de la vie, références aux adultes qui nous entouraient, influence du copain d’école pour le moins louche, lectures angoissantes, chacun(e) de nous a grandi sur un terreau bien spécifique, alimenté de ces éléments qui enrichissent nos vies.

Mêlant les jeux d’enfants, les instants glauques et les battues angoissantes, ce livre nous fait voyager certes aux abords du Mont Fuji-Yama, mais surtout au plus profond de nos âmes.

Image associée

Le livre sur le site de Quidam Editeur 

Le site de Romain Verger

 

CARRÉS POÉTIQUES/1 par un collectif de 80 AUTEURS (Jacques Flament Alternative Éditoriale), une lecture de Nathalie Delhaye

ac5663f3df9b
Nathalie DELHAYE

Poésie au carré

Le 20 décembre de l’an de grâce 2017, le soussigné FLAMENT, éditeur indépendant engagé de plein droit et sans contrainte, dans une pure démarche créative éditoriale a déclaré existant le concept de CARRÉ POÉTIQUE à l’usage du commun des mortels. En ce sens, il s’adresse à chaque être de ce bas monde qui, l’ayant ou non déjà éprouvé par l’attitude et par l’esprit, est convaincu que dort en lui un individu inspiré capable d’exprimer par le texte sa poésie latente.
Chaque texte est riche de 620 caractères, espaces comprises, qui s’étagent en 20 lignes de 31 signes pour former un carré parfait de 10 centimètres de côté lorsqu’il est couché sur le papier.
Les symboles . (point) représentent un espace entre mots ou lettres uniques.
Les symboles / (slash) représentent la respiration entre entités qu’ils enserrent à la lecture orale du texte.
Toute majuscule et toute ponctuation (hormis ces symboles) sont bannies des textes reproduits, exceptés les traits d’union et apostrophes.

Cette annonce pour le moins surprenante a séduit plus de 80 auteurs, certains confirmés, d’autres en herbe, qui se sont frottés à cet exercice de math pour le moins étrange.
L’affaire n’est pas simple et le formalisme a dû en décourager plus d’un, mais au final les textes composant ce recueil particulier offrent tous un certain panache. De la plus terre à terre à la plus onirique, de la plus romantique à la plus sensuelle, chaque carré est composé de cette matière en voie de disparition, qui se nomme « poésie », et qui visiblement compte nombre de défenseurs.
A commencer par Jacques Flament, éditeur singulier dont on ne peut que louer l’initiative, qui ouvre les portes d’une parution à tout un chacun qui s’essaie à la difficulté, afin de charmer le comité de lecture et faire partie des heureux élus.
Bravo à cette union des compositions, les écrits balbutiants côtoient les plus assurés, les textes se font face sous le même format, chacun(e) apporte sa touche de fantaisie pour animer ce kaléidoscope.

C’est beau, c’est innovant, ce regard différent sur la littérature et cette ouverture d’esprit.

Un exemple, pour assouvir votre curiosité, de ces textes au carré, certes difficile à réaliser graphiquement ici :

bulles.d’oxygène.je.veux.encore
/sentir.mon.coeur.apaisé/esprit
.embué.par.tes.paroles.entends.
mon.coeur.se.fondre/mon.âme.tou
rmentée.retrouve.l’envie/l’oeil
.éteint.se.rallume.et.je.sens.l
a.vie.reprendre.ses.droits/guér
is.mon.corps.malade.et.ma.peau.
abïmée/pose.un.voile.de.douceur
.prends.ma.main/que.ton.flux.ra
ssurant.me.ravive.le.sang/pour.
respirer.toujours.penser.aux.le
ndemains/voir.cet.enfant.qui.jo
ue.me.tendre.les.bras.et.me.sou
rire.m’emporter.jusqu’à.la.mer/
celle.qui.faillit.m’emmener.là-
bas/je.ne.serais.pas.revenue.sa
ns.bulles.d’oxygène.sans.toi.po
ur.me.les.insuffler/je.sens.sur
.mes.pieds.les.vagues.et.je.vis

Les 80 contributeurs du numéro 1 (par ordre alphabétique)

ALLARD Eric – ASSIER Angélique – BIRNBAUM Daniel – BITOUZET Sophie – BOSHA Anne -Claire – BOUTIAU Nathalie – BOUTIN Patrick – CALLÈS Alain – CAMUS Benoît – CAUDA Jacques – CART-TANNEUR Emmanuelle –  CAZENAVE-SIRKIS Serge – COLAUX Denys-Louis – COMMINES Anne de – CRUMIERE Martine – DAUSSE Eric – DELHAYE Frédéric – DELOCHE Marie-Philippe – DESGUIN Carine-Laure – DORPE Valérie – DUC Hélène – DUBOIS Véronique – EMERY Alain – FALBET-DESMOULIN Corinne – FAURE Olivier -FIERENS Roseline – FLAMENT Jacques – FRANCEUS Sylvie – GARNIER Pascale-Maud – GENET Christiane – GILARD Nadia – GIRAUD Roland – GRISON Laurent – GUILLEMIN Laurence – HARCHINSPERO Eliot – HELD Jeanne-Valérie – HENRY Gabriel – HERNANDEZ Betty – HOCHART Laurence – JACQUET Jean-Claude – JUBIN Loïc – JUSSEL Jinou – KABACH Abel – LAMACCHIA Anthony – LAUDEC Eve – LEZNOD Jean – LILLO Sandra – LITIQUE Laurence – LOUSSAULT Elisabeth – MANGANO José – MARKO Charles – MERLAND Cédric – MIKOLAJCZAK Cyril – NOSSAM Sellig – OSSARD Jérôme – PAGE André – PALAYRET Nathalie – PAUTARD Sandrine – PEREOL Orélien – PERROTIN Florence – PLANCHON Claude-Alain – POLLET Véronique – POURCHAYRE Thomas – PROTCHE Sylvie – RADIÈRE Thiery – RÉMOND Olivier – ROBERT Catherine – ROUHART Martine – SEIGNEURIC Jean-Baptiste – SILBERSTEIN Martine – SILION Keila – TELLIER Mélanie – TEYSSANDIER François – TONIELLO Florent – VASSEL Bernard – VERDIÈRE Sylvain René de la – VERNEUIL Isabelle – VICTORRI GASSMANN Nathalie – WARONSKI Sandrine

Les Carrés Poétique/1 sur le site de l’éditeur

Les Carrés Poétiques/2 sur le site de l’éditeur

LA FACTURE de JONAS KARLSSON, une lecture de Nathalie DELHAYE

ac5663f3df9b
par Nathalie DELHAYE

Résultat de recherche d'images pour "LA FACTURE de JONAS KARLSSON babel"

Un homme heureux

La quarantaine, célibataire, un Suédois reçoit par courrier une facture exorbitante, 5 700 000 couronnes à régler. Convaincu d’une erreur administrative, il se renseigne et apprend que cette somme a été calculée en fonction d’un indice sur le bonheur dont il a bénéficié jusqu’alors. Interloqué, il conteste, mais rien ne peut changer, c’est ainsi, la formule a parlé et il est redevable.

C’est donc un retour en arrière que cet homme va s’imposer. Il cherche dans sa vie routinière ce qui lui est arrivé de si formidable, au point de devoir tant d’argent. Un petit boulot dans un ciné club, quelques connaissances, pas vraiment d’amis au sens réel du terme, plus de famille, il mène une vie tranquille. Passionné de cinéma, il apprécie de regarder tous ces films, s’enquiert du petit détail, ressent de vraies émotions. Peiné d’être seul, il se souvient parfois de Sunita, une fille rencontrée à l’université, repartie en Inde pour vivre sa vie. Mais alors ? Il est où, le bonheur ?
Il rappelle régulièrement Maud, la fille de l’organisme qui suit son dossier, partage avec elle son désarroi, parle de sa vie banale et sans intérêt, et ne trouve pas de solution à son problème. Pas de biens, pas d’économies, rien pour honorer sa dette.

Ce livre semble fait pour nous interpeller sur nos petits bonheurs. Bien que nos vies nous paraissent ordinaires, il faut regarder autour de soi et voir que certains se trouvent moins chanceux… La pauvreté, la maladie, la solitude, toutes ces choses bien difficiles à supporter sont le lot quotidien de nombre de personnes.

Et pourtant notre homme ne comprend pas pourquoi il se trouve tant taxé, son indice du bonheur atteignant un seuil maximal. Il est pourtant un élément qui va faire doubler sa dette, un moment vécu qui semble pouvoir combler une vie toute entière, mais c’est peu dire qu’il ne s’en soit pas rendu compte, et ce constat le laisse amer…

Un roman intéressant qui tente de définir le bonheur, qui incite à réfléchir à nos propres vies, à nos envies, à nos regrets, qui donne des pistes, mais une question demeure. C’est quoi, le bonheur ?

Le livre sur le site d’Actes Sud 

JONAS KARLSSON chez Actes Sud

Résultat de recherche d'images pour "jonas karlsson auteur"

LE JOUR D’AVANT de SORJ CHALANDON, une lecture de Nathalie DELHAYE

ac5663f3df9b
par Nathalie Delhaye

Contre l’oubli

Emile Zola, en son temps, avait narré l’histoire des mines de charbon dans son livre Germinal, récit réaliste et bien documenté de l’enfer que vivaient les mineurs au quotidien.


Dans « Le jour d’avant », Sorj Chalandon évoque le grand roman, et raconte une histoire des mines de 1974, la catastrophe de Liévin du 27 décembre. Quarante et un morts victimes du grisou, drame dont les responsabilités ont été assumées par les Houillères du bassin du Nord-Pas-de-Calais lors d’un procès en 1981, les précautions n’ayant pas été prises pour éviter la catastrophe. Une première en France, un événement…

Michel est un homme désespéré. Il vient de perdre son épouse, atteinte d’une maladie grave. Plus de famille, pas d’enfant, il se sent seul et se laisse envahir par la nostalgie et la mélancolie. Il est routier pour une entreprise de transports en région parisienne. Un jour, il décide de retourner sur les terres de son enfance, près de Liévin. Son père, agriculteur, y avait exploité sa petite ferme qu’il tenait à transmettre à son aîné, Joseph.
Michel, admiratif de ce grand frère, se laissait guider et buvait ses paroles. A son image, il rêvait d’être pilote automobile, obnubilé par un poster de Steeve Mc Queen, alias Michaël Delaney, dans le film « Le Mans » dont ils avaient récupéré l’affiche. Le jeune garçon avait grandi simplement, les manifestations d’affection étaient rares, la vie était rude, le contexte difficile.

Joseph décida un jour de descendre à la mine, d’y faire carrière, et de signer un contrat avec les Charbonnages de France, défiant son père…

Et puis vint le coup de grisou de 1974. Joseph s’est retrouvé à l’hôpital, pour y mourir 26 jours après ses compagnons.

Dans l’esprit de Michel, cette douleur est profonde. Son père décède un an après, las de chagrin, après avoir laissé un mot à l’intention du jeune homme.

Ce mot, Michel le gardera tout au long de sa vie, expliquant ses drames à sa compagne, avec le culte du souvenir, se forgeant une carapace et une soif de vengeance, bien malgré lui…

C’est un bel hommage que rend l’auteur aux « gueules noires ». Il y dénonce le peu de reconnaissance de l’Etat vis à vis de ces mineurs exposés à de multiples risques, morts souvent victimes de la mine et du charbon. Le ciel gris, les foyers modestes, la misère relèvent d’un constat qui était bien présent lors de ces années, dans les terres minières. Les quelques plaques commémoratives et l’inscription du Bassin minier au Patrimoine Mondial de l’UNESCO ne suffisent pas à démontrer l’implication de ces familles qui ont souffert corps et âmes pour l’extraction du charbon. Car tout le monde donnait de sa personne, les drames du voisin se partageaient, la communauté des mineurs avait heureusement une certaine solidarité. Mais face aux grands, aux puissants, tous étaient si insignifiants.
Le Michel de son livre se sent soudain investi d’une mission, venger sa famille de la mine, ainsi que les autres. Et c’est un combat qu’il va mener seul, de façon insidieuse, délivrant enfin sa haine et son ressentiment. Un parcours poignant, une vie brisée par ces souvenirs récurrents maintenus par un véritable mausolée gardé jalousement, un refuge indispensable pour ne pas oublier les siens.

Le dénouement de l’histoire pourra surprendre le lecteur, après l’avoir impliqué dans le combat de Michel et lui avoir procuré émotion et empathie.
Un livre qui marque, pour ne pas oublier un pan tragique de notre histoire…

Le livre sur le site des Editions Grasset 

SORJ CHALANDON chez Grasset

PAROLES DE FLIC, L’ENQUÊTE CHOC de JEAN-MARIE GODARD, une lecture de Nathalie DELHAYE

 

ac5663f3df9b
par Nathalie DELHAYE

Un livre utile

Jean-Marie Godard a suivi de près plusieurs « flics » dans leur quotidien, et les a interrogés intimement sur leur vision du métier, leurs rapports avec les autres, la difficulté de concilier vie professionnelle et vie familiale, et les problèmes rencontrés dans l’exercice de leur fonction.

Paroles de flics

   On pouvait s’attendre à un ouvrage édulcoré, il n’en est rien. La réalité est décrite de plein fouet et fait de cet ouvrage une enquête tout à fait conforme à ce que vivent les policiers aujourd’hui. Le désamour des Français, le peu d’intérêt de la hiérarchie, le manque de moyens, tout est passé au peigne fin, par des policiers en activité qui évoquent aussi leurs faiblesses. L’auteur parle du Courbat, un centre qui reçoit les fonctionnaires qui craquent. Tout n’est pas révélé, on sent le poids du droit de réserve, mais au travers des témoignages on imagine la douleur. On devine un manque de formation, pour les jeunes policiers qui découvrent la misère humaine de plein fouet, arrivant souvent les premiers sur les lieux, face à des situations difficiles. L’empathie, le sang froid, la psychologie, tous ces critères méritent plus ample information.
Un métier difficile, afin de servir l’Etat avec fierté et de faire respecter la loi, pour peu de considération et beaucoup d’humiliation.
Un livre qui rappelle qu’un policier est humain, qu’il a une famille, qu’il n’a pas vocation à malmener son prochain, qu’il n’a pas fait ce métier pour ça.
Un livre utile…

Le livre sur le site des Editions Fayard

LES ANNÉES CREUSE de DANIEL BIRNBAUM

ac5663f3df9b

par NATHALIE DELHAYE

 

Madeleine de Proust

Daniel Birnbaum, romancier et poète, évoque ici la Creuse qu’il a connue quand il était enfant.
Ce recueil offre une lecture très agréable, qui peut convenir à chacun(e) d’entre nous, tant les souvenirs peuvent se rapporter à nos propres expériences. A petits pas, on avance à la découverte des paysages chers à l’auteur, des activités partagées avec son grand-père ou ses amis, de ses premiers émois amoureux.
Bucoliques et apaisants, ces poèmes nous transportent sur les sentiers Creusois, à l’affût du poisson qui jaillira du ruisseau, aux aguets des oiseaux nichés dans les arbres, des petits riens qui offrent un havre de paix et rappellent l’insouciance de nos jeunesses perdues.

L’image omniprésente du « Pépé », que l’on retrouve dans nombre de séquences, apporte une note d’émotion particulière, ayant marqué pour toujours l’esprit du petit garçon, de l’adolescent, de l’adulte que l’auteur est devenu.

Pourquoi ?

Mais enfin pépé
pourquoi ne m’as-tu jamais raconté ta guerre ?
Parce que j’étais trop petit ?
Tu avais peur que je ne comprenne pas
pourquoi tu avais quitté ton village
pour partir si loin
pour aller te battre contre d’autres
qui avaient eux aussi quitté leur village
Qu’y avait-il de mauvais
dans ces villages ?
Tu avais raison pépé
je n’aurais pas compris
mais toi je suis sûr
que tu n’as jamais compris non plus 

Des phases de déchirement parfois surgissent, un ton mélancolique, des regrets de ce qui n’est plus, toujours liés à un endroit précis, une action, un sentiment.
C’est un recueil très intimiste que nous livre le poète, mais il partage sans compter ces images d’enfance et ses états d’âme, sachant amener le lecteur à chercher dans sa mémoire des parallèles ou des similitudes.

« D’où ? », c’est la question souvent posée, et le titre du premier poème.
« Je suis d’où ? », c’est celui du dernier, auquel à présent l’auteur peut répondre, s’étant livré au plus profond de lui-même, construit sur des bases solides, en toute simplicité, à l’image de sa Creuse tant aimée.

Le livre sur le site des Editions Jacques Flament

En savoir plus sur Daniel Birnbaum