Mes enlèvements

images?q=tbn:ANd9GcRMGj9xrb1EjiJLQaJ4azFHqvxgnljfAjeBO0c9h8wir2AJCT1-UdgJ-wSamedi soir, j’ai enlevé un écrivain à la sortie d’un salon du livre. Cela ne m’était plus arrivé depuis celui de Jean-Edern en 1982 après un enregistrement d’Apostrophes. L’écrivain enlevé ne mange pas ne boit pas n’écrit plus. Le mien voulait le Gros Sel. Je lui ai passé la salière, il a dit non. Pas ce sel-là, celui d’un kilo. J’ai fini par comprendre que c’était un prix prisé. Jean Edern voulait le Goncourt. Autre époque, autres mœurs. Je lui ai dit : j’ai le Gros Ciel à te donner : un dm³ plein d’air pur. Mais non, il n’en démordait pas, il voulait celui-là et pas un autre. Alors je l’ai laissé partir, il ne servait à rien. J’ai entendu son pas d’écrivain pressé dans le noir de l’escalier et je me suis dit que, la prochaine fois, j’enlèverais un homme ou une femme politique. Fadila, par exemple, qui ne sert plus les artistes. Cela me rappellera mon enlèvement de VDB en 1989. 


Les déclarations sauvages

Samedi soir, j’ai sonné à Richard Millet pour lui faire part de mon sentiment d’insécurité relativement à des blancs-becs qui importunent tous les occupants de l’immeuble avec leurs croix cloutées de clous en croix mais Millet était occupé à skyper avec Breivik. De rage, j’ai relu Le Clézio.

images?q=tbn:ANd9GcRiFsruXoZMM9e1qdLVMubnSTnHvdp_RBRfyJBVgbdx3LKEGrtbhnbDjQ4En sortant m’acheter une canette, je suis tombé sur eux qui m’ont dit, parce que je ne me rase plus depuis un mois (faute de lames Gillette, mes préférées, en rupture de stock chez Lidl, la faute à Adrien Brody), qu’avec ma tronche à barbe je ridiculisais Jésus. Je ne me souvenais plus qu’on ne pouvait pas caricaturer le Fils de Dieu mais je n’ai pas relu la Bible depuis le catéchisme. Ils ont dit que ma poubelle en prendrait pour son grade et, de fait, une heure plus tard ils mettaient le feu à mes déchets et, par voie de conséquence, au bâtiment. Les pompiers ont débarqué en nombre et ont inondé les caves. Ainsi, on aura la piscine couverte qu’on réclamait depuis des lustres.

La chef de syndic’ a déboulé les seins nus, elle est adhérente toute fraîche des FEMEN. J’en ai profité pour tirer quelques photos d’elle, histoire de les adresser à mon canard préféré lundi matin pour leurs pages people. J’ai été étonné qu’elle ne figure sur aucune liste électorale comme 95% de mes connaissances. Je l’ai même un peu tancée à ce propos et je pense qu’elle à quitté mon appart’ à sept heures du mat’ avec une conscience politique neuve et l’idée de s’agréger à une liste électorale avant les élections, dès qu’elle aurait repris allure décente. J’ai lâchement profité de son sommeil pour ajouter quelques tags sur sa peau déjà encombrée qui disaient assez bien mon sentiment pour elle:

VIVE LE SYNDIC LIBRE – JE SUIS LIBRE DE TOIT : TU ES MA BELLE ÉTOILE – J’AIME MIEUX TES MAMELONS QUE MÉLENCHON – TES GRAINS DE BEAUTÉ M’ONT MOULU – JE GARDE TES PAGES OUVERTES – HEROINA MON AMOUR –  TOUS MES POÈMES POUR TA PEAU

J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de m’être ainsi laissé aller à la recouvrir entièrement de déclarations sauvages.

 

Le fantôme de Patrick Sabatier

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M1bis-26-06.jpgSamedi soir, j’ai regardé Les Stars du rire. animées par un triste sire. Puis, déguisé en citrouille, je suis sorti quémander des bonbons dans l’immeuble. Je suis rentré, j’ai aligné ma récolte sur la table basse et j’ai bombardé de sucreries l’écran-toile d’araignée. L’animateur fantôme résistait à mes tirs,  faisant mine de spectre,  jouant son propre drôle, son franc sourire des premiers Avis de recherche effacé depuis longtemps. Mais le squelette intact,  sous des lambeaux de chair résistants à l’épreuve des années. Les fantômes de télévision ont la vie dure.

Le bling-bling n’est plus à la mode

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images?q=tbn:ANd9GcQvF2jswEWCibKPyrIzsBkaXDpqkA0SxyJkQ6MNG_QrRiwq8heGrASamedi soir, avant la dégradation de ma cotte de maille sur le marché de la lingerie chevalière, je suis sorti avec de la bimbeloterie, histoire de me faire remarquer au vernissage de l’expo par Bolt-en-ski (un pseudo assurément) de vieilles guenilles ayant appartenu à la grand-mère de mon père. Eh toi, le rappeur de mes deux, m’a apostrophé à l’entrée un clodo visiblement allergique au hip-hop (il y en a) et en manque (de liquidités), refile moi ton sweat et ta Rolex. Comme il exhibait un cutter de marque, je lui ai laissé plus qu’il ne me demandait et me suis retrouvé à même la rue avec pour seule richesse des sous-vêtements griffés (par ma chatte) et comme unique avenir vestimentaire le pyjama maison. Après avoir envoyé un texto d’excuse à l’ami Bolt, j’ai visionné un documentaire sur l’histoire salée du tee-shirt mouillé et un sujet sur la chute dans les sondages d’opinion des présidents en ko and co. Pendant ce temps-là, Coco (Chanel) se karlalise.

 

Ivre du vain social

VTJ73.jpgSamedi soir, j’ai apporté une  valisette de vin  au favori pour les élections sociales de l’entreprise. On a éclusé deux bouteilles de merlot et il m’a confié qu’il était allé à l’école maternelle avec le boss, qu’ils en avaient gardé des liens forts. Grands dieux du raisin fait vin, j’étais englué dans les rets de l’amitié et de l’action syndicale pourrie ! Mon candidat ne pourrait jamais soutenir mes agissements obscurs (trafiquoter la machine à café, facebooker tranquille, bécoter la chef de service, siroter mon mojito…) au sein de la boîte et le patron resterait indéboulonnable.  Grands dieux du syndicat des vignerons intègres, j’avais gardé la meilleure bouteille du lot que j’ai partagée avec la famille de Roms qui occupe la place du marché au grand dam des maraîchers et des amateurs de balle pelote du quartier.

 

Littérature au jardin

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Samedi soir, j’ai ouvert puis étalé tous mes livres sur la pelouse. Une garden-party de mots. Une exposition au grand air avant la fin de l’été. Ils en avaient bien besoin, mes livres, après deux mois pour le moins passé dans le confinement d’une bibliothèque poussiéreuse. C’était aussi l’occasion de présenter les petits nouveaux aux anciens, puis de les regarder d’un regard attendri, un verre de Chablis à la main: les Lapeyre sympathisant avec les Toussaint, des Schlink échangeant avec les Kundera, les Grondahl partageant des noms de lieux avec les Modiano, les Haddad devisant avec les Perec, les Chessex collés avec les Sade et les Bataille… Tout ça dans une ambiance conviviale, saine, de post-vacances quand la voisine a crié que tous ces mots étalés, côte à côte, ventre contre terre, c’était obscène.

Perplexe, j’ai pris le tuyau et ai hésité à arroser la mégère avant de noyer toutes les pages d’un jet rageur. Heureusement la Régie avait coupé l’eau. Et je n’avais plus assez de vin. J’avais déjà imaginé les pages détrempées, les mots englués dans leur pâte à papier et la place nette pour l’intégrale d’Amélie Nothomb. Finalement, j’ai vérifié qu’aucun chat n’irait pisser, en répandant du révulsif (en l’occurrence des pages de Chien blanc, Le chien des Baskerville, La nuit des chiens...) entre les bouquins et je suis parti me coucher. A l’aube, j’ai été réveillé par la rumeur livresque montant de l’herbe fraîche se mêlant au cri des oiseaux : tous mes livres étaient là qui m’adressaient des messages subliminaux par-delà nuit et silence. Comme à leur habitude, en fait.