L’HORIZON et autres poèmes atmosphériques

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l’horizon

 

la femme est l’horizon

des hommes de paysage

 

et dans le lit de la rivière

s’accordent les rêves des carpes

 

qui ne dit mors consent

à la chevauchée nautique

 

du fruit de ta bouche

je tire la pulpe avec les dents

 

du sac de ton sexe

je fais un gant de lucre

 

l’esclave au bûcher

implore la grâce de l’eau

 

tous les cétacés grandissent

dans la peur du baleinier

 

et moi je me risque

à marteler la dalle du souvenir

 

tandis que dans les excès d’espace

crèvent les espèces rares

 

et ces mots pour plaire

au brasier qui t’enflamme

 

de jour comme de nuit

de la terre jusqu’au ciel

 

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l’ordre des rêves

 

dans la nuit

 je dérange

 l’ordre de tes rêves

 orange

 

 tu mêles

à tes parfums

 l’odeur du large

 qui imprègne

 mes narines

 

au bord

de tes fantasmes

 je redore

la robe

 que tu m’as donnée

 

celle du vin

de tes lèvres

à demi troublé

par la couleur

du couchant

 

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le chocolat fondant

 

dans le chocolat fondant
sur le monde
et les jambes d’une femme

je cherche la praline rare
la fève de cacao
le fondu au noir

la truffe la profiterole
le bonbon glacé
la cerise sur le Moka

la saveur sacrée
le muffin délicat
le brownie marron

le macaron léger
le caramel mou
la friandise foncée

la secrète liqueur
l’huile de noix
le café fort

qui éblouira mon palais
et ma langue
et mon précieux goût de toi

 

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murmure

 

ta voix me murmure
le temps qu’il fait
au coeur de la plus sombre
des prisons

ta soif appelle
le vert des feuilles de vigne
pour couvrir d’ivresse
l’horizon

tu reviens du soleil
avec le sang

qui coule dans les veines
des saisons

tu retiens le désir
de former
au bord de mes lèvres
un seul nom

 

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la femme araignée

 

l’étoile de liens

qu’elle tisse avec la soie

 

la tient à distance

des charmes salaces de l’amour

 

la rapproche du trou noir

maelström

 

où s’enlacent à l’infini

temps et pattes velues

 

dans l’oeil vorace

du désir

 

la femme araignée

est nue sous sa toile

 

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balayer les lumières

 

le temps s’allonge

dans ma couche

chaque nuit un peu plus

 

 je me prends les pieds

dans ses jambes longues

comme des aiguilles

 

quand je sors sur le seuil

balayer les lumières

qui m’empêchent de voir

 

la course ténébreuse

des étoiles

vers la première heure du jour

 

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l’instant à la source

 

le vent balaie

le mot tempête

de son vocabulaire

 

le temps coupe

l’instant à la source

du langage

 

 le sang songe

à se passer

du rouge aux rêves

 

un jour le monde

n’aura plus de mots

pour dire le désir

 

on sera contraint

d’user de signes

pour se faire aimer

 

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l’étoile trouble

 

ta peau

sous mon regard

se noie

dans un ciel

de félicité

 

et je vois

trouble

l’étoile

où je peine

à aborder

 

mes lèvres

cherchent

tes rêves

perdus

dans la nuit

 

la naine rouge

de ta bouche

brûle l’hydrogène

de mon amour

fanal

 

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ne rien dire

 

ta peau blêmit

sous les caresses

de la lune

 

et tes mains se tendent

vers l’inatteignable

 

ne rien dire

du corps de l’autre

tant que le ciel

 

ne s’est pas figé

dans le marbre de la nuit

 

marcher

dans le temps qui sombre

douter jusqu’à demain

 

d’arriver à l’heure

du regard partagé

 

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avant

 

je lécherai tes rides

et ton rire

et le riz amer

de ton fiel

 

je lécherai tes verts

et tes gris

et le verre tranchant

de ton vin

 

je lécherai le sang

de tes veines

et la sueur

de ta peau

 

je lécherai tes airs

et tes ors

et tes plombs

dans l’aile

 

je lécherai le oui

et le non

de tes cris

dans le noir

 

je lécherai

sur tes lèvres

le jus de cerise

des baisers

 

avant

de cracher

mon venin

dans ta bouche

 

E.A.

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LE SENS DE L’HISTOIRE & autres poèmes intempestifs

Il y a un temps de l’oeil 

qui cesser de regarder vers l’avant ou l’arrière

et se repose en soi. 

Roberto JUARROZ

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LE SENS DE L’HISTOIRE

 

J’aime quand ta pile

de livres s’effondrent

sous l’orage

 

Cela fait des gouttelettes

de lettres à lécher

sur ta peau page

 

Dans l’éclair

que font les mots

sur le sens de l’histoire

 

Je devine

le corps nu

de ton texte foudroyé

 

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L’OMBRE D’UN COUTEAU

 

Le vent sur ta peau

dessine des balafres d’air

que je suis seul à voir

quand je recueille des séismes

sur l’échelle de tes nuits

 

Cette fois le fer est fier

de marquer le feu

avec ta langue

sur les lèvres du jour

à peine forgé

 

Sans décevoir l’ennui

découpé sur la langue

dans la  forme du mensonge

 

Je m’achemine

vers ton ventre

avec l’ombre d’un couteau

 

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LE LIN DE TA ROBE

 

À l’ombre d’une arête

un narval vomit

la mer

dans le ras-le-bol

d’une île morte

 

Un pécheur

atteint de silence

murmure le nom

d’un vin rare

à l’oreille de la nuit

 

Je me rappelle

le temps

où le lin de ta robe

avait des choses

à me dire

 

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LE VOLEUR DE VENT

 

Le voleur  de vent

guette

les herbes folles

 

En courant

vers l’infini

je tombe sur une étoile

 

À demi frappée

par l’obscurité

une fleur s’éveille

 

Sous le fleuve

retourné

des eaux grouillent

 

Une plage

éponge le sable

de la mer

 

Je vois derrière la vitre

de ma vie

ton ombre passer

 

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ENTRE DEUX REGARDS

 

Feuilles faisant office

de flamme

et ta peau qui brûle

entre les pages

de l’herbier

 

Feux de broussaille

sur tes lèvres

bues à la paille

entre deux baisers

du vent

 

Fenêtres ouvertes

sur l’envol

d’une pensée

entre deux regards

enflammés

 

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LE POÈME

 

Vivre ou ne pas vivre

derrière la fenêtre

où ton ombre a surgi

 

Marquer d’une voix blanche

les lèvres qui prononcent

le mot à peine dicible

 

Marcher jusqu’à l’oubli

le long d’un souvenir

donnant sur l’espace passé

 

Masquer la face du temps

d’une grimace aussi large

qu’une vie

 

Lire ou ne pas lire

derrière la fenêtre

où ton enfance a surgi

 

le poème de l’univers

 

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LA TOURTERELLE RIEUSE

 

Quand le chat huant hulule
et que le héron hue
Quand le faucon maltais huit (et demi)
et que l’hirondelle des fenêtres truissotte

Quand le goéland argenté raille
et que la colombe de la paix roucoule
Quand l’épervier tiraille
et que l’alouette des champs tire-lire

Quand la caille cacabe
et que la cigogne claquette
Quand le corbeau coraille
et que la corneille corbine

Quand la mésange charbonnière titine
et que le pipit des arbres turlute
Quand le coq chante comme un rossignol
que que le paon braille comme un âne

La tourterelle des bois rit comme une bécasse
qui aurait bu de l’alcool de plume
au volant d’un vieux coucou
piquant du nez dans la mare aux canards

 

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JE NE SUIS PAS BIZARRE

 

Je ne suis pas bizarre
j’ai juste l’impression
que ma vie ne va pas durer
plus longtemps qu’une vie

Je ne suis pas bizarre
j’ai juste le sentiment
que l’été va conduire l’hiver
à souffler les bougies du soleil

Je ne suis pas bizarre
j’ai juste l’envie d’aimer
chaque goutte de pluie
avant de traverser les nuages

Je ne suis pas bizarre
j’ai juste raison de penser
que les femmes se fardent
pour qu’on ne voie pas leur beauté

Je ne suis pas bizarre
j’ai juste le souci de ne pas mourir
avant d’avoir exprimé tout mon jus
sans qu’on me juge trop coulant

Je ne suis pas bizarre
j’ai juste le désir
de voir mes enfants grandir
et me dépasser en bonté

Je ne suis pas bizarre
j’ai juste la maladie de l’enfance
que je garde comme un fou
au coeur de l’espérance

 

Image associée

 

UN POULPE AFFAMÉ

 

Par où revenir

quand le jour

nous a laissés

sur la grève

en panne sèche de nuit

 

Marcher jusqu’à plus soif

dans l’île déserte

jusqu’à l’aurore

d’une larme

vaste comme la mer

 

Aboyer aux étoiles

pour un os de lune

à moitié rongé

par un poulpe

affamé de lumière

 

Image associée

 

LES LAMPES ÉTEINTES

 

Les lampes éteintes

j’étreins l’étoile dans le noir

et mon cœur déborde

jusqu’à partir loin

au-delà de la mémoire

 

Les lampes éteintes

je retiens mon corps

de verser

dans l’aumônière du temps

sa maigre pitance

 

Les lampes éteintes

je reviens à la seconde

où le monde m’a quitté

faut-il alors rallumer

les lumières de l’enfance ?

 

Image associée

Textes d’Éric Allard

Peintures de Georgia O’Keeffe (1887-1986)

POETWEETS, APHORISMES & AUTRES ROSSIGNOLADES

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Je suis un fou du rangement.

Quand j’ai trié tous mes rêves

par catégories de songes

je m’attaque à mon passé

souvenir après souvenir.

 

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Rejeté par la brume & le brouillard

j’ai donné ma lande

au chat de bruyère

avant de disparaître

dans le sillage d’une grue.

 

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J’ai jeté à la mer

le vieil homme

avant de lui lancer

un souvenir d’enfance

en guise de bouée.

 

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La métaphore de la porte sitôt close, l’image sort de son cadre.  

 

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Je te veux

autant que tu me détestes

mais l’espace

qui me sépare de toi

a raison de ma paresse.

  

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Les yeux fermés, pro-visionner.

 

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Prends mes pieds sur ta pomme !

Prends mes doigts sur ta poire !

Prends mes lèvres sur ta figue !

&

emporte-les dans les arbres fruitiers !

 

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L’étoile du verger est un astre fruitier. 

 

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J’ai couvert de feuilles

ton corps nu.

J’ai écrit mon désir.

J’ai écrit mon regret.

Puis j’ai soufflé très fort

pour me rappeler ta beauté.

 

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Sur chacune de tes taches de son

je pose

un baiser sonore

  

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J’ai marqué tes seins d’une croix.

Chaque nuit les soldats de Dieu

de mes mains

viennent implorer leur pardon.

 

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 Je n’ai pas de chambre avec les écrivaines, pas plus que de place dans leurs livres.

 

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Va sans crainte

dans la maison des ténèbres

décrocher au plafond de lumière

l’invisible terreur !

Va voir puis éteins !

 

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Les fleurs nyctalopes voient elles les bouquets de fantômes ?

 

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Lèvres de ta rivière

Lèvres du ciel nuages

Lèvres autour de ta voix

Lèvres de ton mont secret

Lèvres de la nuit, bordures du rêve

 

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Lèvres doux pétales

Lèvres près du coeur

Lèvres des yeux paupières

Lèvres de la rivière qui lèche

Lèvres de la voix langue

Pour quel baiser

 

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L’oiseau du baiser finit toujours par s’envoler de son nid de lèvres.

 

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Ma hache à ta hanche

t’arrache un bouquet de viande

que je hume tel un damné.

Ainsi débute l’histoire de la violence,

mon amour.

 

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Quoi dire après avoir lu sur tes lèvres le mot silence ?

 

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Rallumer le désir

au feu des grandes amours.

Brûler vif

puis vivre de ses cendres

sans éteindre la mèche du souvenir.

 

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THÉORIE DU TAPIR / ÉRIC ALLARD

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Le tapir est le plus gros de tous les quadrupèdes de l’Amérique méridionale, et il y en a qui pèsent jusqu’à cinq cents livres ; or ce poids est dix fois moindre que celui d’un éléphant de taille ordinaire.  

Buffon

 

1.

 

Maison du poème

 

D’un poème faire une maison

Où les mots seraient des pierres

Et la césure, le ciment

 

Bâtir sur des murs d’images

Une espèce de roman

À sensations

 

Mettre le feu au papier des fondations

Ouvrir la fenêtre sur le foyer dévorant

Lire jusqu’à ce que flammes expirent

 

D’urgence sortir

Par la cheminée

L’enfance du feu

 

 

 2.

 

Vue vive

 

J’appuie où le vent

Soulève des montagnes

 

Dans la plaine, des yeux

Remontent le courant de l’étoile

 

Jusqu’à s’assourcer

Au regard océan

 

Sans la vue de la vie aux origines

Que seraient nos accouplements ?

 

 

 

3.

 

La mousse du passé

 

De la mousse du passé

Sortent les poissons du songe

 

Ils vont deux par deux

En contemplant les rives

 

Sans jamais arrêter la beauté

Ni attenter au courant

 

Les lieux tombent où ils plongent

Où ils vont pour se désaltérer

 

Dans le levain des livres

Dans l’air lisible du matin

 

Dans la poussière du couchant

On les voit descendre vers la mer

 

Pour rejoindre l’embouchure

Source du poème présent

 

 

4. 

 

La pierre du souvenir

 

La pierre du souvenir

Coince la porte

 

Ton corps nu

Déforme la nuit

 

J’avance à tâtons

En me servant de ta voix

 

Nul n’éclaire

L’entrée du songe

 

Comme ta peau

 

 

 5.

 

Le conseil d’administration

 

La terre en chemin

Bannit l’espace

 

L’aigle fond

Au soleil de midi

 

Le rouge au blanc succède

Au fronton du spectre

 

Quatre à quatre un fantôme

Descend l’escalier du jour

 

Je réunis sur le champ

Le conseil d’administration de mes forces

 

Pour appeler à la guerre

Contre le temps

 

 

6. 

 

L’instant

 

Pendu

À la potence du temps

 

J’attends

Que l’instant

 

Me décroche

 

 

 7.

 

Si tu rêves

 

Si tu rêves

C’est que ton sexe est au repos

Que la nuit est forêt

 

Corps de feuilles et de branches

Ayant pris racine dans la terre du temps

Pour modeler la nuit à son image

 

Si tu rêves

C’est que la seiche crie famine

Que l’ennui disperse les cris des fourmis

 

Corps de femme et de sarments

Ayant pris la forme d’un enfant

Pour modeler la chair à son image

 

Jusqu’au matin tu as besoin

Du corps de garde du rêve

Jusqu’à ce que la nuit t’achève

 

 

8.

 

Grand froid

 

Mer de glace

Dans mon verre

De lait

 

L’oiseau tombé

Du gel

Cristallise ma soif

 

Je brise l’envol

Avec les dents

Avant de fondre

 

Dans le blanc

 

 

 9.

 

Les astres à la figure

 

Toute la nuit

Je te jette les astres

À la figure

 

Des coupons d’étoile

Altèrent

Tes cordes vocales

 

Avec les éclats

Tu fabriques des colliers

Des cantates

 

Avec le silence

Des notes sculptées

Dans le cristal

 

Avec l’écho

Du son taillé

Pour les pierres

 

Au matin

Le soleil cassé

Recueille les bris de voix

 

Je débarrasse

La table d’écoute

Des miettes de son

 

 

 10.

 

Le tapir et le boa

 

Le tapir et le boa

Marient leurs ombres

Sur la coquille du jour

 

La main cachée de la sirène

Appelle le corps de la mer

À multiplier les marées

 

Un sommeil gonflé de songes

Nourrit la source

D’un ruisseau fantôme

 

Près d’une nuit au cou

Aussi long qu’un silence

Un feu de rapine se consume

 

Sur les ruines du soleil levant

Les couleurs fatiguées du peintre

Relèvent le blanc d’une robe

 

Entre les lignes du secret

On devine la forme du coeur

Qui ferme l’aorte

 

Avant qu’un nouveau son

Appelle au démembrement de l’air

Sur l’échelle des turbulences

 

Avant qu’un nouveau pas

N’ébranle l’espace séparant

Le prédateur de sa proie

 

 

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POÈMES À PORTER SUR LES LÈVRES

1.

 

le poids du songe

dans la nuit

et l’envol d’une étoile

 

dans l’espace

 

la transparence du reflet

dans le miroir

et l’envers d’un rêve

 

dans l’espoir

 

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2.

 

à la porte du visible

j’apporte un son

 

au seuil du bruit

un regard

 

à la fleur du toucher

un brin d’eau

 

à la couture des lèvres

une piqûre

 

au sortir des ténèbres

une lumière

 

tu ne me donnes

même pas ton ombre

 

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3.

 

détaché du texte

le poème

 

en amont du livre

le vers

 

sur l’écritoire

ta main

 

derrière la paupière

le soleil

 

découvrent

la robe du mot

 

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4.

 

sans faillir le miel

s’allie

au lait

 

le temps de donner

à l’abeille

l’adresse de la ruche

 

ta peau blanche

s’écoule

sur mes lèvres

 

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5.

 

derrière

les robes

les falbalas

 

la chambre

de ta nudité

retient les regards

 

seul l’oeil

du couturier

avale ta peau

 

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6.

 

entre vide

et espace

 

entre poème

et roman

 

entre corps

et absence

 

entre jour

et nuit

 

entre silence

et regard

 

pense aussi

à vivre

 

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7.

 

dans ta lampe

je bois

la lumière

 

je recueille

l’espace

d’un visage éclairé

 

sur les lèvres

du poème

je passe

 

une langue

neuve

et nue

 

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8.

 

luit

la pierre

taillée

du lait

 

lampes

aux pis

des vaches

obscures

 

broutant  

l’herbe

tendre

du songe

 

si je bois

le blanc

du ciel

avant l’aube

 

je me fais

voie lactée

ou crème

de nuit

 

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9.

 

mot

tombant

dans

le blanc

du texte

 

moi

sombrant

dans

l’instant

présent

 

nuit

mourant

sur le sable

du jour

 

tandis

que

la mer

veille

 

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10.

 

mesure ton être

au mètre de l’espace

 

laisse du je

entre tes silences

 

de la lumière

entre tes branches

 

pour te laisser

le temps de naître

 

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MAMAN SONGE

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Maman ment

Mentalement maman me ment

Si maman me ment je mens à maman

Maman songe au mensonge comme je songe à maman

Si maman ment ment-elle aussi sur ma naissance

Si maman ment suis-je même né suis-je même là

Naître c’est mentir et maman sait que je mens

En mentant je nais différemment de la façon dont je suis né de maman

Si maman ment mon songe dit vrai sur ce que maman sait

Maman se tait tant que je songe au mensonge de maman

Mais après maman mentira-t-elle encore au sujet de mon corps né

Maman sait que je songe au mensonge quand elle le fait

Maman quand elle le fait pense-t-elle à refaire ma naissance de même

Ma maman ment-elle quand elle se dit ma maman

Maman quand elle se tait ment-elle sur son silence

Maman quand elle se sait s’essaie-t-elle au mensonge

L’essai de maman pour me faire réussit de temps à autre

L’essai de maman pour me faire réussir échoue sur la cendre

Quand je suis celui qui sait qu’il est né maman réussit l’essai

Quand je sais celui que je suis maman réussit aussi l’essai

Quand maman sait je suis rassuré sur le fait que je suis né

Quand maman ment je doute à nouveau de mes sens

Maman dans la mer se sale pour que l’eau la laisse sur le sable

Je souffle le silence et la soif qui sauvent de la sécheresse des sons sans sens

Je souffle l’essence et le saumon qui sauvent de la mousse des savons  

Je soulage le sexe des sciences qui souffrent de l’absence de raison

Je change le sexe des souris aux semelles de sauge et de soufre

Je change le chanvre des champs du songe dans la chambre chauve

Je chante dans le safran des saisons des chansons sur le soleil sauf

Je mens à maman quand elle me demande si je vis si je vais si je sais si je sens si je saigne

Je mens mentalement à maman depuis que je suis né sans savoir si je suis sourd ou sans sirène

Maman sent dans son ventre qui je suis avant que je naisse

Maman me sait dans son centre comme à la circonférence de ses sens

Maman signe son cercle avec son sang comme je désigne son sein dans un souffle comme je sarcle son sexe avec mon stipe

Maman saigne et je signe son crime de mon inexistence

Maman saigne et je me signe ainsi soit-il de son existence

Maman sent quand je saigne quand je songe au singe que je suis au singe qu’elle est dans l’espèce de stigmate qui nous place dans l’espace des signes

Maman sent si je nais si je vais si je vis si je sais si je mens si je chie si je pense si je suis si je fuis le fait que maman m’a fait tel que je suis mentant à maman comme à moi-même sur le fruit de mes mensonges sur le fruit de ses entrailles qui poursuit son cycle selon le songe menti de sa maman

 

TROIS POÈMES pour une fleur

À quel degré de concentration supplémentaire ne faut-il pas s’astreindre, avec quelle intensité accrue ne faut-il pas fixer son attention, pour que le cerveau capture l’image visuelle de quelqu’un? 

Vladimir NABOKOV, Le Guetteur

 

 

Pas assez

 

Je ne t’ai pas regardée

Assez

Afin de savoir

Te reconnaître

 

Il eût fallu plonger

Les yeux

Dans le tourbillon

De tes traits

 

En tirer l’essence

D’un portrait

Pour à jamais

Te revoir en rêve

 

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Une fleur

 

À l’ombre d’un saule

Dans un pot en grès

Une fleur de camomille

 

S’offre aux appétits

D’une abeille

Et d’un papillon

 

Avant d’être servie en infusion

Dans l’eau bouillante

D’un regard

 

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Sans ton parapluie

 

Le vent

Tempêtant

À tes tempes

 

Et la pluie

Dans tes yeux

Comme des larmes

 

C’est l’idéal moment

Pour dire

Que je te quitte

 

Mais

Sans ton parapluie

Je rentrerai trempé

 

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E.A.