LE PREMIER GÉNÉRATEUR AUTOMATIQUE DE CRITIQUE LITTÉRAIRE

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Les acteurs du livre (auteur, éditeur, libraire…) ne sont jamais pleinement satisfaits de la critique littéraire. Même dans une critique élogieuse, à la gloire de l’auteur, il n’est pas rare de trouver une remarque désobligeante, la griffe, le crapaud qui portent atteinte à la beauté comme à la réputation de l’ouvrage. Ce générateur de critique à la demande permet de battre en brèche tous ces écueils et de donner à lire la recension idéale, simple et efficace, celle qui sera partagée sans réserve et sans façon, suscitant, on n’en doute pas, de nombreux désirs de lecture.

 

1. INTRODUCTION

(1) qui paraît à (2) est le (3) ème ouvrage de (4), l’auteur(e) du très remarqué (5). 

Un ouvrage (6) qui rappelle à bien des égards l’œuvre d’un(e) (5).

(1) Titre de ton ouvrage : ……………………………………………..

(2) Nom de la maison d’édition : ………………………………………….

(3) Quantième publication : ………………………………………..

(4) Tes nom et prénom d’auteur(e) (+ ton genre actuel) : ……………………..

(5) Titre marquant de ta bibliographie + maison d’édition (on sait, le choix est difficile !) : ……………………………………………….

(6)  Qualificatif employé : remarquable, extraordinaire, singulier, intéressant, novateur, superfétatoire, révolutionnaire, passable, dans la moyenne de la production du genre,  innommable, sans intérêt, à chier…

(7) Auteur.trice illustre – ou non – que tu as lu – ou non – (vérifie toutefois l’orthographe sur Wikipedia ou Facebook), auquel/à laquelle tu souhaites être comparé(e) : …………………………………….

 

2. EXTRAITS

Cite 3 extraits (pour un maximum de 600 signes) que tu veux voir figurer ainsi qu’un mot-clé par extrait autour duquel le logiciel brodera une espèce de commentaire.

EXTRAIT 1

………………………………………………………………………………………………………

……………………………………………………………………………………………………..

mot clé :  ……………………………..

EXTRAIT 2

………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

mot clé : ………………………………..

EXTRAIT 3

…………………………………………………………………………………………………….

…………………………………………………………………………………………………….

mot clé : ………………………………..

 

3. CONCLUSION

En conclusion, il s’agit là d’un nouveau livre (8) de (1) !

 Un article signé (9)

 

(8) Qualificatif employé : remarquable, extraordinaire, singulier, intéressant, novateur, superfétatoire, révolutionnaire, passable, dans la moyenne de la production du genre,  innommable, sans intérêt, à chier…

Attention!  Tu auras remarqué que, par deux fois, on te demande de qualifier (6 et ) ton ouvrage. Fais gaffe toutefois à ne pas indiquer deux fois le même terme. Si tu emploies remarquable dans l’introduction, tu préféreras exceptionnel ou un terme tout aussi fort pour conclure.

(9) Nom fictif du critique : si tu n’es que poète et n’a donc pas d’imagination, tu peux te servir d’un bottin, neuf ou ancien, d’un nom rencontré à la faveur du générique de ta série préférée, d’un dico de noms propres délavés etc. Prendre garde à ne jamais mentionner ici les noms de critiques qui font un travail soigné, créatif et pertinent.

SPÉCIFICITÉ
L’utilisateur du présent logiciel aura remarqué qu’il peut faire employer au générateur des termes dépréciateurs pour qualifier son ouvrage. C’est un service supplémentaire qu’offre l’outil. Car il n’est pas à exclure que l’auteur, une fois qu’il a été poussé par son ego, une mère libraire, un père slameur, un(e) partenaire avide d’admiration, un vécu personnel, sentimental ou professionnel compliqués, un ami éditeur complaisant… dans le cercle infernal de la production littéraire. Cette recension pourra dès lors contribuer à le sortir de l’engrenage par, notamment, l’effet de résonance que cette note de merde aura sur les quelques rares chroniqueurs indépendants, surchargés de travail et non encore automatisés qui demeurent actifs sur le marché de la critique.

Envoie le tout complété à premiergénérateurautomatiquedecritiquelittéraire@gmail.com et tu recevras la note de lecture personnalisée par retour du courriel (l’opération peut prendre quelques semaines même si nous visons, à long terme, l’immédiateté du processus).

MERCI d’avoir contribué à ce nouveau service automatisé du net, fruit de l’inintelligence artificielle qui, nous en sommes certains, contribuera grandement à la décroissance, à la réduction de l’empreinte carbone, et diminuera en conséquence le nombre d’envois de services de presse comme il  retardera sensiblement le réchauffement de la planète à défaut, il est vrai, de faire beaucoup avancer la chose littéraire !

OFFRE EXCEPTIONNELLE POUR UNE RECENSION GRATUITE PENDANT LE MOIS DE LANCEMENT DU LOGICIEL !

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PREMIÈRE CRITIQUE PERSONNALISÉE

ÉPINES DE PROSE de ANNE-ANGE LECHEVALET paru à L’Azalée de Zoé, 2019.

Epines de prose qui paraît à L’Azalée de Zoé et le 132ème ouvrage de Anne-Ange Lechevalet*, l’auteure du très remarqué Bains pubis paru à L’Eau de Laure en 1937.

Un ouvrage comment dire… qui rappelle à bien des égards l’œuvre d’un Marcel Amont.

Quand l’aube affole la lumière à la tige de la nuit, je me couvre d’ail, de poivre et de sel pour attirer les mouches à vinaigre et les mains des hommes-araignées.

Anne-Ange Lechevalet dresse la tige de la phrase jusqu’à des hauteurs insoupçonnées en entraînant son lecteur dans les nuages de sa prose.

Martelée comme une sauvage par une aubépine qui n’avait pas eu sa rose, ma peau fleurait, par un de ces miracles banals dont nous gratifie le quotidien au sortir des songes, le santal et la lavande, l’huile de foie de morue et le lait de chèvre caillé.

Avec ces épines de prose, Anne-Ange délivre des miracles de poésie qui nous font voyager dans les méandres de la psyché humaine.

Au loin, derrière le mont chauve, le souffle de l’ogre aveugle m’appelle et je cours vers sa bouche grande ouverte, visant ses dents avec ma nudité, de peur que, par mégarde il ne transperce ma dent de sagesse.       

Ici, Lechevalet évoque le souffle de l’existence amère qui anime nos âmes avides d’animalité et, de transe en danse, avec la seule ancre de son coeur, elle arrime l’être de l’écriture au ventre de l’encrier.

En conclusion, il s’agit là d’un nouveau livre piteux d’Anne-Ange Lechevalet.

Un article de Marc-Antoine Cléopâtre  

 

BIO EXPRESS

*Anne-Ange Lechevalet est née le 24 décembre 1919 à Ixelles. Elle publie Bains pubis en 1937, l’ouvrage sera salué par Richard Lion, son confesseur et petit ami. Elle obtient sa première et unique recension d’un de ses (nombreux) ouvrages dans un entrefilet du journal Le Soir du 12 juin 1977 de la plume d’un journaliste stagiaire, Jean-Claude Vantroyen, pour son premier roman, La Flemme du dimanche soir. En 2012, elle obtient le prix Marie-Pierre Mertens du plus grand nombre de publications (131) à l’actif d’un auteur belge vivant et écrivant dans un français correct, battant sur le fil Marcel Poivre d’Hamoir (112) et Alexandre Dumasson (107). Depuis ce prix, accablée sans doute par la reconnaissance tardive, elle n’avait plus rien publié et le monde littéraire francophone belge semblait presque avoir fait son deuil de son oeuvre.

LES PREMIÈRES RÉACTIONS DE LA PRESSE

« Ce logiciel est une aberration littéraire, une honte pour la littérature. A fuir! » Jérôme Garcin, Le Nouvel Obs à Moelle

« Aujourd’hui, c’est gratuit. Demain, ça coûtera bonbon! » L’Echo des Lettres

« Cela ne vaudra jamais la rigueur des critiques du Soir fanzine! » Marc Partager

« Le hasard n’a jamais donné rien de bon en littérature! » Le Cornet à dés et les jeux

« Anne-Ange Lechevalet est une écrivaine de troisième ordre, pfff ! » Le Matricule des Anne-Ange.

« Bains pubis de Lechevalet est une pâle resucée du Con d’Irène d’Aragon. » La Gazette des plagiats

« Le prix Marie-Pierre Mertens, je n’y crois pas une seconde! » Vincent Flibustier de NordPresse

« Lechevalet a mis sur le pavé pas moins de cinquante-sept maisons d’édition qui avaient pignon sur rue. » La Maison du Livre

« Qui s’est jamais préoccupé de la critique littéraire? » Christine Angot d’On n’est pas touché

« Un rythme effréné de publication n’est pas un gage de qualité! » La Course littéraire

« De la si belle poésie résumée aussi platement! » Les Amis des vers

 

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LES ÉCRIVAINS, QUAND MÊME ! (I)

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Axiome premier de la littérature oulipienne : tout écrivain sera considéré comme oulipien tant qu’on n’aura pas démontré qu’il ne l’est pas.

Cette année, les prix Busnel, Renaudot (des lycéens) et Rossel ont récompensé le même ouvrage.

Ce journaliste littéraire enlève toujours le chapeau de ses articles pour saluer une œuvre respectable.

Cet écrivain a une tête de lecteur : il est vrai qu’il n’a encore rien publié.

L’angoisse de la page blanche nous évite bien des œuvres inutiles.  

 

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Ex-vitrier, cet éditeur publie des livres de verre à travers lesquels on voit le monde.

Cet auteur est parti en fumée : il avait trop de livres sur le feu.

Madame rêve qu’allongée sur une étoile elle écrit la nuit qui passe.

Les auteurs de la littérature de charme publient des livres qui laissent à désirer.

Ce poète anti-sonnets écrit pourtant des pantoums parfaits. 

 

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Je connais un écrivain scatophile qui écrit ses romans d’un seul pet.

Madame rêve qu’un jeune éditeur lui fait des livres doux.

Ex-pompier pyromane, cet éditeur publie des livres incendiaires qu’on éteint d’un crachat.

Un jour, j’écrirai des haïkus d’un seul mot.

Sous des mottes de lecture, il arrive encore qu’on découvre la dépouille d’un chef-d’oeuvre oublié.

 

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Ex-orpailleur, cet éditeur publie des livres d’or.

Madame rêve d’un prix littéraire aussi extravagant que ses dessous.

Cette maison d’édition anonyme publie des textes passe-partout.

Je n’écris jamais mes rêves avant d’avoir raconté ma journée par le menu.

Cet écrivain aux multiples talents peint aussi de la musique.

 

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Cet écrivain aux multiples palans a du mal à se relever de la chute de vente de sa dernière brique.

Madame rêve qu’elle a un amant star de la petite édition.

Je déteste la promiscuité des ateliers d’écriture : écrire à côté de quelqu’un d’autre, quelle horreur !

Cet écrivain était parvenu si haut qu’on a cru un moment qu’il allait crever le mur de l’édition.

Madame rêve que des étoiles de la chanson chantent le Vertige de l’amour.

 

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SCANDALE DANS LE MONDE LITTÉRAIRE : ce Nobel de littérature n’avait pas mentionné dans sa bibliographie ses dix-huit premiers ouvrages autoédités !!!!!

Le critique sourd-muet lit sur les lèvres des auteurs en dédicace.

Cet écrivain en classe, soudain, fut l’objet d’une grave crise d’angoisse à l’idée d’être pris pour un enseignant.

Cet auteur délaissa une prometteuse carrière de littérature jeunesse pour entamer une aventureuse carrière d’auteur de littérature de gare.

L’espoir (d’être lu) fait écrire.

 

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Dans la littérature oulipienne, les écrivains cherchent à se faire un nombre.

Pour offrir un lectorat décent aux écrivains en mal de recensions, des critiques se sont réunis en une association charitable.

Ce visiteur de salon du livre, réalisant qu’il est le seul, fut soudain l’objet d’une crise d’angoisse et se fit passer pour un auteur cherchant les toilettes…

Cet écrivain ne ressemble à rien ; d’ailleurs tous ses livres passent inaperçus.

Le lecteur ne croit pas ce qu’il lit quand l’auteur n’a pas écrit ce qu’il pensait.

 

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Un jour, j’écrirai des aphorismes d’un seul mot !

Poe tique Poe tique Poe tique Poe tique Poe tique Poe tique Poe tique Poe tique 

Cet auteur de savoureux pastiches a aussi commis quelques indigestes plagiats.

Les écrivains gonflants passent au gré des vents littéraires.

À l’instar de David Antoine* et son disque de Noël, cet écrivain a écrit 9 ouvrages en 17 jours au profit d’une œuvre caritative : La Maison d’Accueil des Auteurs Abandonnés (par leurs lecteurs).

___________________________

* Animateur de radio belge et chanteur philanthropique.

 

À SUIVRE…

Aphorismes inédits.

D’autres sur le même thème sont parus dans LES ÉCRIVAINS NUISENT GRAVEMENT À LA LITTERATURE au CACTUS INÉBRANLABLE.

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Je contribue aussi avec quelques aphorismes à l’anthologie de Michel DELHALLE, BELGIQUE, TERRE d’APHORISMES parue chez le même éditeur.

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LA MALADIE DE LA POÉSIE

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L’existence de ce poète était devenue un enfer. Sans cesse, il était en proie au démon de la poésie qui le faisait écrire à toute heure du jour et de la nuit. Il avait beau publier deux plaquettes par semaine, épuisant ses amis éditeurs, qui tombaient en burn-out les uns après les autres, il n’arrivait pas à contenir le flux. Sa tête, mais aussi tout son corps, était devenu le terrain de jeu des muses du monde littéraire.

C’est alors qu’il se décida à consulter… un expert en maladie de la poésie, qui s’était répandue à la faveur du net mais plus encore des réseaux sociaux. Secrètement, l’expert, ex-malade en sursis et ancien poète transnational, était payé par un subside spécial de L’Organe officiel des Lettres pour combattre le fléau, pour conférencer de classe en classe sur le sujet afin de mettre en garde l’étudiant lambda des dangers de la poésie sortant du cadre académique et scolaire.

Mais le cas qui nous occupe était un cas d’école, attirant l’observation des maladies psychiques d’un nouveau genre de toute la planète. C’est dire si notre expert était à cran, près lui-même de rechuter. Tout d’abord, il proposa à notre poète que nous appellerons tantôt Paul Verbaud, tantôt Arthur Rimlaine (pour brouiller un minimum les pistes) d’écrire un roman au long cours, histoire d’occuper les muses sollicitées jusque là à un seul job à une espèce de travail à la chaîne mais c’étaient des muses rebelles, comme souvent chez les poètes, ce qui favorise aussi, dans les démocratures (il en va autrement dans les dictamolles où il n’est pas rare de voir le Poète épouser avec force les idées du pouvoir en place), du moins l’accueil du poète auprès de ses congénères et, accessoirement, aux membres de la commission d’aide à l’écriture (animés comme il se doit de personnes ayant le cœur sur la main quand il s’agit de dispenser l’argent public en vue toutefois d’assurer son propre avancement sur l’échiquier littéraire).

Notre expert consulta dès lors ses collègues des autres pays, toutes les ressources possibles du net, et des nouveaux fonds furent débloqués mais en vain. L’Organe des Lettres, géolocalisé poétiquement, en accord avec les plus hautes autorités de la médecine psychiatrique de ce nouveau domaine décidèrent d’isoler le poète dans un environnement idoine, ce qui nécessita de nombreux investissements. L’effort était à la mesure du péril car il s’agissait surtout d’éviter que le mal se répandît à l’étranger car vu la masse innombrable de publications de Paul Verbaud (à moins que soit Arthur Rilaine), il y avait un risque statistique non nul qu’au moins une plaquette, un poème ne fût traduit dans un idiome quelconque.

Ses facultés mentales et son appréciation du réel étant depuis longtemps dérangées, on parvint à lui ménager une réplique parfaite du monde où il vivait sans qu’il s’en aperçût en lui faisant croire que ses réseaux sociaux et éditoriaux fonctionnaient parfaitement, qu’il publiait même de plus en plus.
Certes, sa vie continuait d’être un enfer, mais à ce stade de la menace, sciences, techniques et littéraires se devaient de s’allier pour trouver une solution, il fallait éviter l’épidémie, la déperdition d’une partie des intellectuels, au risque de provoquer  une rupture complète des activités mentales de l’aliéné, mais dans ce cas cette possibilité était vue comme une aubaine.

Du fait de son isolement complet, il ne nous parvient plus rien de ce poète maudit et l’organe officiel de L’Organe des Lettres, Les Spirales du Carnet, qui joue la transparence, histoire de noyer le poisson de la maladie dans le bain du littérairement correct, ne nous livre plus rien le concernant. Fort possible par ailleurs, vu sa capacité phénoménale d’adaptation, qu’Arthur Rilaine  (à moins qu’il s’agisse de Paul Verbaud) se soit réincarné, à l’insu de son avatar virtuel, en plusieurs nouveaux poètes bien réels qui, cela dit, se démarquent déjà par leur production abondante, un rien diabolique, inquiétant les autorités administratives en charge du fléau.

UN CRITIQUE FRIGIDE

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Il faut pourtant que la critique se mêle toujours à l’éloge, le serpent aux fleurs, l’épine aux roses et la vérole au cul. 

Gustave FLAUBERT

 

Depuis une période indéterminée, ce critique ne trouve plus plaisir à lire.
Il se rappelle ses débuts tonitruants dans la critique littéraire où il n’était pas rare qu’il connût plusieurs orgasmes de lecture pendant une même journée. De l’aube au crépuscule en mordant sur ses nuits, il prenait son pied en lisant à tel point que les attachées de presse des maisons d’édition et la direction du journal qui l’employait s’inquiétaient de sa maigreur, de son visage creusé par la fatigue. Il mangeait et buvait peu mais il lisait comme jamais. Il avalait des livres et des livres dans une joie profuse. Il rendait compte de ses bonheurs de lecture dans des articles enjoués, bien tournés qui, à leur tour, généraient des lecteurs heureux, vifs, avides de lire. L’édition roulait sur l’or et les auteurs étaient fêtés comme des princes…

Aujourd’hui, il a beau se répéter, tel un mantra de Maitre Coué, « je vais jouir je vais jouir » en ouvrant un livre, chercher le point G du texte, varier les positions de lecture, il ne l’atteint plus. Son gland reste encapuchonné, sa bite molle, ses testicules pendants entre ses jambes de lecteur assis, irrémédiablement assis.

Alors qu’il voudrait symboliquement exhiber aux yeux de son lecteur une trique de taureau, écrire avec son foutre des articles enthousiastes, sa plume lui tombe des mains, le papier flétrit, se rabougrit, et finit en boule dans la corbeille.
Parfois encore (ne caricaturons pas le monde littéraire déjà bien accablé !), lors d’impatientes lectures, il approche dans des paragraphes ou des strophes rares, d’humides touffeurs jadis rencontrées à foison, il hume l’air du sexe du livre mais, le paragraphe suivant, la ligne d’après qui déraille, le vers subséquent qui part en couille, qui n’assume pas le suspens ménagé jusque-là, tous les espoirs mis en lui, il déchante, il débande et finit par cracher par terre plutôt qu’expédier sa semence dans un puissant (é)cri(t) de contentement. C’est l’insulte plutôt qui fuse : Littérature de merde ! Écrivains de mes deux ! Éditeurs à la noix !*

Les éditions raffinées le désespèrent comme une femme aux atours somptueux, à la peau d’une rare finesse, luisante sous les lumières, naturelle ou artificielle, aux pores comme autant de minuscules sexes, aux bijoux rares et aux parfums subtils qui, au lit (tous ses charmes étant lus), se révèle un glaçon, pur joyau, cela dit, d’une banquise en voie de disparition. Il aspire plutôt à un livre-souillon, aux pages tachetées de café, brunes de sueur séchée, mouchetées de loups de nez ou de moustiques-tigres inscrits dans le tissu du papier comme autant de fossiles d’une époque révolue et qui, la petite mais magnifique salope, se donnerait à lui comme jamais, extrayant son jus de critique comme le lait d’un pis plein jaillit dans la main tripoteuse et experte de la féminité lourde et odorante des vaches. Voire des pages manuscrites vierges encore de toute lecture, de toute interprétation critique…

Lui qui passait naguère pour un passeur de livres apprécié bouchonne dans les entournures, il attend le livre-Destop qui débouchera les tuyaux encombrés de visquosité, de déchets gros comme des étrons.
Alors, il se sert de substituts, il triche, il va rechercher des livres osés, d’anciens livres flairant, malgré les années passées, toujours le neuf, la novation (comme disait Barthes), le Nouveau (comme lançait Rimbaud) et non le rance, le resservi, le périmé depuis deux siècles, et il s’aide à la façon d’un gode ou d’un anneau pénien pour parvenir à l’acmé.

Mais le mélange des genres ou plutôt des époques ne lui réussit pas. C’est un pur critique, qui n’admet pas les mixtions. Même les miscellanées bien accomodées à la sauce du jour, s’il s’en trouvaient encore, ne le tireraient pas de sa léthargie. Même un seul vers parfaitement résonant, un aphorisme tourné vers les étoiles et non vers les bas-fonds du sens, même une phrase insolite qui aurait le goût du passé et d’un avenir meilleur jamais encore figuré pourrait dans un jaillissement lui apporter le bonheur à défaut de se faire sans cesse désiré.

Il le reconnaît, il est désormais un critique frigide, un lecteur acariâtre qui en est venu à éloigner le facteur en lui envoyant à la tête des livres de la veille de peur qu’il laisse tomber dans sa boîte un nouvel arrivage de livres sans saveur, ni odeur ni piquant ni piments malgré les appellation d’origines contrôlées, les quatrième de couverture alléchants, les critiques montées en épingle (quand le livre est une réédition) ou à venir (par les mots qui vont truffer les articles de presse écrits à la lumière d’un quelconque écran).

Tout est fade, morne, clean, cynique, destiné au recyclage ; l’indigence est le nouveau goût du monde.
Alors, il baise et s’abreuve d’images (à défaut de métaphores renversantes), il se disperse et pisse de la copie ; faut bien remplir sa carcasse de liquide pour que tout à l’intérieur baigne, glisse irrémédiablement vers une fin désormais providentielle.

Le livre est triste et j’ai connu toutes les femmes, dit-il en paraphrasant Mallarmé.

Certains soirs de malsaines beuveries, il se dit qu’il pourrait écrire de la fiction ou de la poésie mais il sait qu’il ne ferait qu’ajouter du non-bandant au sans relief existant. Il a au moins ça pour lui, la lucidité. Mais comme l’a écrit Char, c’est une blessure brûlante destinée à s’évaporer à l’approche du soleil, tel Icare, ce con ailé de la mythologie.
Il allume la télé ou son portable, il ouvre les journaux, il guette toujours le volume qui le délivrerait de son impuissance. La prescience de la rentrée littéraire le fait encore un rien vibrer ; il a l’espoir chevillé au corps ; c’est un vieux romantique, un cœur farci de guimauve. Il lui reste un grain d’espoir, qu’il finit par moudre dans le moulin des activités dérisoires qui nous tiennent lieu de vie, tel un fil cassé ne pouvant se défaire de sa dernière perle.

Puis il se dit qu’il y a de plus grands malheurs dans la vie littéraire comme le refus d’un énième manuscrit par un éditeur blasé ou d’un article par la direction du journal où filtrerait trop le désenchantement et il rit, il rit… d’un grand, d’un beau rire qui se résorbe dans un sanglot long.

La veille de la rentrée littéraire, le directeur de journal l’ayant appelé en vain sur son portable craignit le malheur annoncé et prévint la police qui se rendit à son domicile. On le trouva par terre près du sofa où il aimait encore à lire, la bouche encombrée jusqu’à la glotte de papier prémâché, qu’il avait enduit d’alcool pour mieux l’incorporer et formé de pages de ses quatre ou cinq livres préférés dont il avait composé un bol livresque mortel. On ne put pas bien distinguer la page de quel ouvrage lui avait finalement été fatal. On pense même qu’il fut surpris du sort de son geste et qu’il eût voulu vivre encore, regrettant dans un dernier spasme la littérature dont, au fond de lui, il avait n’avait pas totalement désespéré.

C’était le dernier signe, indistinct, certes, qu’il livra au monde des vivants que cette mort, interprétable désormais à l’infini, comme les plus beaux textes qu’il avait lus et sur lesquels il avait écrit des pages tout aussi admirables. C’est sur un ultime appel lancé aux écrivains, les seuls vrais amis de sa vie, qu’il a si bien servis, qu’il a décidé de faire ses adieux.

 

   * Les insultes ont été revues à la baisse de façon à ne pas heurter les acteurs du monde littéraire toujours susceptibles de lire, même après sa mort, ces propos et de salir ensuite la mémoire du critique disparu.

UN BON ROI

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Dans ce pays, le seul non-écrivain est roi. Le régime politique dudit pays est basé sur  le mérite. Autrement dit, le sujet le plus méritant hérite de la plus haute place du royaume et la conserve tant qu’il le demeure. C’est rare.

Comme tous les habitants de son pays, le roi a été écrivain et il a dû beaucoup travailler, franchir de nombreux échelons, passer des examens ardus, pour ne l’être plus. C’est un parcours inédit qui a été salué comme il se doit par l’octroi de la couronne.

Chaque semaine, le roi fait profiter de son expérience et reçoit en audience des écrivains qui, comme lui, voudraient pouvoir renoncer à l’écriture.

Bon prince, le roi a fait organiser partout dans le pays des ateliers de non écriture afin de sevrer le bon peuple de sa vilaine habitude qui confine, aux dires de certains spécialistes des pays étrangers, à une addiction ou une mode.

Comme tout haut dignitaire, il est entouré de nombreux conseillers et courtisans qui n’ont pas son excellence, des conseillers qui ne peuvent s’empêcher d’écrire ses discours et de l’abreuver de conseils sans conséquence.

Pas fou, le roi qui ne veut pas renoncer si vite au trône, prend soin à ce que de nombreux prix littéraires récompensent dignement tous les citoyens, sans exception, et à ce que chacun puisse publier sans difficulté le moindre ses écrits sans jamais rester oisif car, comme seul un roi sait, l’oisiveté est mère de toutes les convoitises.

LE COMITÉ DE LECTURE et autres histoires d’écrivains

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Le comité 

Le manuscrit était attendu par le comité de lecture.

Depuis des semaines il avait été annoncé par l’auteur qui le présentait comme son meilleur texte, celui que ses lecteurs réclamaient, celui que la postérité retiendrait…

Le comité exécuta le livre dans les grandes largeurs. Unanimement. C’était le soixantième que l’auteur adressait.

L’éditeur présenta avec ses hommages les conclusions du comité à l’auteur qui n’en prit pas ombrage : par retour de courriel, il lui fit son soixante-et-unième envoi.

 

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Les capteurs 

Cet éditeur au fait des nouvelles technologies fit truffer de nombreux capteurs  les livres qu’il publiait afin d’augmenter le chiffre de ventes de sa petite entreprise, au demeurant fort bas.

Ces capteurs le renseignaient sur les temps de lecture, la position et la vêture adoptée par le lecteur, l’intensité de son attention, la régularité de son flux émotionnel, son équipe de foot préférée, le bas montant de ses finances…

Ainsi l’éditeur put, en accord avec ses différents auteurs, produire des livres adaptés aux lecteurs potentiels de sa maison, des livres confinant à la perfection, visant à rencontrer les plus folles attentes du lecteur-roi.

L’opération réussit, les chiffres des ventes bondirent, les auteurs mis à contribution purent envisager les plus hauts postes de la hiérarchie littéraire de leur localité, l’éditeur accéder au poste de président de sa région. Les lecteurs étaient si ravis que plusieurs (y compris des politiciens disposant enfin d’un idéal à leur démesure) demandèrent leur retraite anticipée ou réclamèrent une pause-carrière afin de consacrer tout leur temps libre à lire,  lire, lire…

La demande fut si forte que les nouveaux éditeurs sur le marché firent désormais appel à des robots-écrivains plus performants et, il faut le reconnaître, bien plus créatifs. L’inconvénient, c’est qu’en séance de dédicaces, ils font la tronche, ils ne font pas de câlins à leurs lecteurs et ne les appellent pas par leur prénom. Un inconvénient, qui n’en doutons pas, sera vite levé par les ingénieurs concepteurs.

 

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Un dernier rire

On apprend avec bonheur que l’auteur de l’Éloge du rire ensemble, ce risible écrivain de la littérature smilegood s’est méchamment fendu la poire (après s’être payé une tranche) en s’écroulant de rire après avoir relu les épreuves de son dernier livre.

 

L’ÉCRIVAIN DE LA FAMILLE

555b5da341b10.jpg   Dans ce couple, l’écrivain, celui qui plastronnait, qui affichait ses publications, ses projets d’écriture, c’était l’homme. D’ailleurs, il était publié. De longue date et à profusion. Mais méfions-nous… l’écrivain n’est pas toujours celui qu’on croit.

   Un jour que son épouse trouva une heure de liberté (entre son boulot, le ménage, les courses, le jardinage, les finances familiales, la cuisine, le bricolage, ses charges de mère, de fille et de bru) elle commit sur son smartphone un aphorisme et sur sa tablette un poème et les trouva honnêtes. Elle les imprima sur l’imprimante de monsieur et les déposa sur son bureau. Il trouva l’aphorisme plaisant et le poème intéressant, et s’inquiéta de l’identité de leur auteur. La femme garda le silence.

   Une semaine plus tard, elle avait sa journée à disposition et elle tenta une nouvelle qu’elle ne méprisa pas. Elle le déposa sur le bureau de son conjoint qui la lut et s’interrogea. Elle observa ensuite qu’il avait fait sur le net une recherche à partir du titre…

   Un mois plus tard, elle avait écrit tout un récit. Le mari le lut d’une traite et le relut au lit, là  (au lilas aussi, qui trônait dans un vase printanier) où il n’emportait que les plus précieux auteurs. Il la questionna plus vivement ; elle demeurait de marbre. Un ami, une de tes amies ? s’enquit-il, sans espoir de réponse (il est entendu que toute statue se tue à se taire). 

   Un an après, sa femme avait écrit un roman et le déposa, selon une tradition désormais établie, sur le bureau du mari qui, depuis quelques mois, écrivait moins, et – il nous coûte de le dire – même plus du tout. Il se relisait sans cesse et se trouvait mauvais, il affectait une mine de revenu d’une remise de prix littéraires sans avoir obtenu le moindre livre de poche de consolation.  

   Cette fois, l’homme comprit sans avoir à demander. L’écrivaine de la famille, c’était elle, et rien qu’elle. Au fond, il n’avait écrit que pour l’empêcher de se réaliser en tant qu’écrivaine ; il se souvenant de quelques écrits de jeunesse de son épouse qu’elle lui avait montrés et qui surclassaient ses scribouillages du même âge.

   Quand il s’en ouvrit à elle, elle trouva les mots pour le rassurer : Mais ne t’en fais pas, je n’ai pas envie de publier sous mon nom. D’ailleurs, qui sait si je le pourrais l’être. Il est plus difficile de se faire publier quand on est un parfait inconnu, qu’on n’a pas une liste de publications, un réseau d’amis lettrés… Tu n’as qu’à publier le roman sous ton nom, tu n’as toujours été, sans vouloir te froisser, qu’un romancier commun. Je suis en train de terminer en secret un recueil de poèmes, tu pourras faire de même. Les gens seront heureux de découvrir que tu es aussi un poète de talent…