JEAN-PIERRE LEGRAND

31772903_579825939056371_1865853206358130688_n

J’ai 59 ans et je suis juriste d’entreprise dans un Groupe d’assurance.  Mon rapport au livre est d’abord celui d’une libération. Adolescent, je lisais très peu et j’étais plutôt mal dans ma peau. Je vivais dans une famille aux conceptions très étriquées. Un jour je suis tombé sur le texte fameux d’André Gide : «Familles, je vous hais! Foyers clos; portes refermées; possessions jalouses du bonheur ». Ce fut une révélation : l’esprit d’un auteur et le mien pouvaient entrer en une espèce de résonance harmonique. D’autres que moi avaient ressenti un malaise identique et il en était résulté une parole libératrice. J’avais 18 ans, j’ai acheté le volume des romans et soties de Gide dans la Pléiade. C’était le premier de ma collection et j’ai lu toute son œuvre. D’autres ont suivi : Proust, Tolstoï, Balzac, Claude Simon, Nathalie Sarraute et bien d’autres. Pour moi, le roman – mais aussi la poésie, la philosophie ou l’Histoire – me font participer à une vie parallèle  à la mienne, les deux s’enrichissant l’une de l’autre, la véritable lecture constituant à mes yeux une « recréation ».

Un jour on demandait à Jean d’Ormesson « Pourquoi écrivez-vous ?» La réponse fusa : « Parce qu’à l’évidence la vie ne suffit pas ». C’est pour la même raison que, plus modestement, je lis, toujours et encore…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s