LE COUP DE PROJO d’ÉDI-PHIL sur LE MONDE DES LETTRES FRANCOPHONES BELGES #10

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Philippe REMY-WILKIN (par Pablo Garrigos Cucarella)

Les Lectures d’Edi-Phil

Numéro 10 (mars 2019)

Coup de projo sur le monde des Lettres belges francophones

sans tabou ni totem, bienveillant mais piquant…

 

À l’affiche :

le lancement de deux feuilletons, consacrés à deux grands coups de cœur : Jacques De Decker et Kaspar Hauser (un roman de Véronique Bergen), deux romans (Carino Bucciarelli et Nadine Monfils), un recueil de poésies (Carino Bucciarelli) ; les maisons d’édition M.E.O., Espace Nord/Les Impressions Nouvelles, L’Arbre à paroles.

 

(1)

Jacques De Decker.

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JDD ! Comme beaucoup, j’ai longtemps pratiqué JDD en tant que critique littéraire du Soir. Il m’épatait par son écriture, sa culture, ses facultés d’analyse. Puis, au fil des années, sans le côtoyer, plus ou moins inconsciemment, je lui ai attribué un smoking de statue du Commandeur. Il était devenu Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Lettres belges, son frère occupait de hautes fonctions politiques ; qui plus est, il ne devise pas sur Facebook, il ne répond pas aux mails, écrivant encore à l’ancienne, sur du vrai papier, etc. En clair ? Il avait quitté le monde du Réel pour celui de l’Idée, j’apercevais au loin une institution et non plus un homme, un auteur, un collègue.

 

Puis. Deux soirées ont renversé ma perception.

L’une consacrée à Henri Vernes, l’auteur de Bob Morane, un auteur populaire donc, mis à l’honneur entre les murs de l’Académie, par une bande d’institutionnalisés (Baronian, De Decker, Jauniaux, Vantroyen) redevenus soudain des adolescents sculptés par la plus saine candeur, l’imaginaire, le grand large et l’aventure. Ces mousquetaires-là me sont illico devenus proches, « aimables » au sens le plus fort.

La deuxième était en l’honneur de JDD lui-même, orchestrée par son complice de la revue (de nouvelles) Marginales Jean Jauniaux. Il y avait beaucoup de beau linge pour fêter vingt années d’entretiens présentés sur le coup de midi aux Riches Claires, mais des personnalités de toute nature, de toutes générations unies dans une communion sincère. La Pentecôte ? A l’improviste et sans filet. Ou le Chemin de Damas ? L’homme se révélait soudain à mes yeux le pilier sinon l’âme du microcosme des Lettres belges. Un géant, qui a exploré mille voies, offert une part immense de son temps, de son énergie, de ses talents au service des auteurs/autrices d’hier et d’aujourd’hui au point d’en masquer lui-même un peu/beaucoup sa propre création. La si brève, si pudique allusion à un regret concernant la réception d’un de ses romans m’a précipité dans la nécessité et l’urgence d’aller y voir de plus près.

 

Je n’ai pas réussi à happer le roman évoqué mais un autre, Le Ventre de la Baleine, dont le nom m’était familier, lié à l’affaire Cools, qui a tant et tant défrayé la chronique. Et… j’ai A-DO-RE ! J’ai plongé plus avant. Il me fallait une idée globale plus affinée de l’auteur. J’ai relu des articles du critique, découpés au fil des décennies, redécouvert un opus consacré à Bruxelles, dévoré trois pièces de théâtre, une partie de sa biographie d’Ibsen, quelques nouvelles… Et tout laissé tomber. Non que… Non, tout me parlait. Tout était excellement écrit, et vivant, et engagé, arcbouté au sens, qui est l’indice du supplément d’âme. Mais j’étais submergé et mon temps mesuré. J’avais acquis un background, enrichi par deux rencontres avec l’auteur, un homme généreux et passionnant. Il me fallait revenir à mon idée de départ, lire le roman évoqué durant la soirée des Riches Claires. Parades amoureuses. J’ai acquis, lu… et beaucoup aimé. Le projet entrevu se confirmait, j’allais consacrer un numéro spécial de ma mini-revue aux (trois) romans de JDD. Exclusivement. Une micro-thèse, somme toute, à tout le moins en filigrane, qui dirait « Oubliez les mille et un travaux du polygraphe, du polyglotte, du poly…, et ne voyez que le romancier, savourez-le, resituez-le, découvrez sa valeur, son importance. »

 

L’orchestration du projet ? Hic et nunc. Dans ma mini-revue. L’annonce du projet, une mise en bouche où on revisite une trajectoire ébouriffante, l’ouverture d’un feuilleton en trois temps, une introduction dans ce numéro 10 suivie de deux numéros spéciaux (les romans et les pièces de JDD).

Mon objectif est clair : mettre en valeur une œuvre romanesque passionnante et importante. Mais. On ne peut comprendre la nature de l’art romanesque de JDD sans intégrer la profonde interaction de l’auteur, de l’homme avec la scène, en ses diverses composantes. On ne peut comprendre les mérites de son art sans un détour par la carrière globale.

 

La trajectoire ?

Elle débute dès l’enfance : des imitations des romans de Bob Morane, etc. Mais. Dès 18 ans, JDD est déjà entré dans l’Histoire, en fondant avec son ami Albert-André Lheureux le Théâtre de l’Esprit Frappeur**, qui va marquer une époque. Le sillon théâtre n’aura de cesse de s’approfondir, JDD étant tour à tour comédien, metteur en scène, adaptateur et traducteur, dramaturge enfin, et même historien du genre, professeur de l’histoire du genre.

Le théâtre, donc, mais les langues (germaniste, il maîtrise les trois langues nationales) et l’enseignement supérieur (de l’école de traduction de Mons au Conservatoire de Bruxelles, en passant par l’INSAS, dévolu aux arts du spectacle).

A 26 ans, il publie son premier livre, un mémoire consacré à Hugo Claus. A Anvers. En néerlandais. La même année, il entame sa carrière de critique au Soir et porte cette activité à une telle hauteur de fond et de forme, de don qu’on peut parler d’une œuvre en soi, d’un art. Divers recueils s’ensuivront, d’ailleurs, qui récapitulent notre histoire littéraire. Ce sillon-là, qui l’institue caisse de résonnance de notre création littéraire, le voit se démultiplier en préfaces, introductions, entretiens, collaborations diverses à des ouvrages collectifs. Avec ce (faux ?) paradoxe qu’il échappe au confinement trop répandu en nos Lettres (et en francophonie, plus largement ?), demeurant un homme du monde forgé par la pratique des plus grands auteurs universels (de Shakespeare à Brecht, en passant par Goethe, Tchekhov, Strindberg, etc.), dont le regard porte tellement au-delà des frontières de l’espace et du temps.

Il entre à l’Académie Royale, il en devient un jour le Secrétaire perpétuel, il ressuscite la revue Marginales… Etc. Etc.

 

Précocité et durée, dons multiples et engagement, intensité/intégrité des engagements.

Je me propose, je vous propose… d’oublier tout ça. Et de découvrir prochainement un grand romancier. Puis un dramaturge irrésistible.

 

(2)

Carino BUCCIARELLI, Poussière, recueil de poésies, L’Arbre à paroles, Amay, 2019, 114 pages.

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L’univers de Carino Bucciarelli ! L’insolite plane et se faufile, qu’il s’agisse de nouvelles, de romans, de poésies :

« Des fourrures de dames

se promènent seules sur le trottoir.

Boutonnées, elles se déplacent, verticales,

à hauteur d’épaule,

Ni jambe, ni bras, ni tête

n’en sortent. »

 

La quatrième de couverture est si réussie qu’on y renvoie pour une présentation globale du recueil :

http://maisondelapoesie.com/index.php?page=poussiere—carino-bucciarelli

 

Qu’est-ce à dire ? Il y a du cartooniste fou, du rêveur halluciné dans cette cavalcade de scènes et d’images.

« Sautillante apparition dans ma cuisine :

un mort bien mort trottine, lutin coloré,

autour de la table. »

Ou :

« Vue du dessus, ma casserole,

avec ses deux poignées,

ressemble à la bouche ronde d’un enfant

flanquée de deux oreilles brillantes.

Qu’a-t-elle à s’étonner ainsi de mon attention ? »

 

L’onirisme, le magique, le décalé. L’humour et la dérision, qui rappellent un Éric Allard :

« Mes deux compagnons, Grégoire et Grégoire, ont choisi de porter le même prénom. Notre vie commune s’en trouve ainsi possible ; j’ai si mauvaise mémoire. L’un s’occupe de l’intendance de la maison ; l’autre répond au courrier, décroche le téléphone. Comme cela, quand j’écris mes poèmes, jamais je ne dois réfléchir au prénom pour obtenir satisfaction : « Grégoire, éteins donc cette stupide radio ! Grégoire, as-tu posté la lettre d’insulte à ce critique discourtois ? » Chaque fois, la personne concernée réagit.

Croyez-moi, la vie est plus belle débarrassée de ce genre de contrainte. »

 

Mais. Au-delà du jeu. Ou de sa sensation. Une interrogation sur le Réel ? Sur sa perception ? Un doute ? Sur ce qui est, ce qui se passe ? Ou la capacité à isoler et amplifier des impressions ?

Nous éprouvons une empathie particulière pour l’un des sous-ensembles du recueil, Retour à la poussière (en trois tableaux), qui semble attester, avec une finesse irrésistible, de la distorsion de nos pensées face à des événements marquants comme le deuil :

« (…)

Un homme piétine, les yeux baissés,

un pavé mal fixé.

On ne sait dire

s’il se trouve devant ou derrière le mur.

Derrière, croit-on, on ne le verrait pas,

mais personne en ce jour n’oserait le jurer.

 

La couleur de ses vêtements

non plus ne peut se distinguer ;

il ne se tient pourtant pas à plus de dix mètres.

 

Mon Dieu, la voix de mon père n’est plus là. »

 

On a tous vécu cette situation. L’infiltration de flux de pensées dérisoires, parasites, laissant en creux, paradoxalement, une situation forte, trop douloureuse ou d’appréhension complexe. A moins que n’explose en gerbe l’absurde la condition humaine ? L’absurde et l’émotion, sur les deux plateaux de la balance identitaire :

 « Le monticule de poussière de l’autre côté du parc,

que le vent amenuise de seconde en seconde,

c’est lui,

j’en suis maintenant certain.

Je devrais bien me résoudre à quitter ce banc

afin d’aller protéger les restes de mon père

de mes deux mains

et rester dans cette position

jusqu’au retour du beau temps.

(…) »

Carino Bucciarelli

(3)

Carino BUCCIARELLI, Mon hôte s’appelait Mal Waldron, roman, M.E.O., Bruxelles, 2019, 128 pages.

Mal Waldron

Je ne connaissais pas ce Mal(colm) Waldron ; or cet immense jazzman américain, qui a accompagné la légendaire Billie Holliday (la voix du siècle ?), a vécu à Uccle, pas loin de chez moi, est mort oublié à Bruxelles. Je songe à Marvin Gaye, soudain, qui s’est réfugié un temps à Ostende.

Belle idée de ressusciter un talent tombé dans les limbes, qui fait écho au feuilleton qui clôt notre numéro. L’Art peut-il sauver, redonner chance et voix et vie ? Mais n’allez pas croire que Bucciarelli nous offre une biographie classique, il part d’une figure qui lui parle intensément et la dépose au cœur d’un livre décapant.

 

Le récit débute comme un thriller :

« Aucune voix ne m’invite à entrer. Je tourne doucement la poignée. La porte cède. Le bref espoir de trouver une maison fermée et mettre un terme à cette folie vient de s’éteindre.

Moi qui pensais pénétrer dans un lieu sombre, je suis surpris par l’étonnante clarté de l’endroit. L’autre attend, assis dans un fauteuil en osier, le maintien rigide, la main posée sur la tête d’un chien appuyé contre sa jambe.

– Malcolm ? dis-je en prononçant ce prénom de façon bien sonore. »

 

Le suspense dérive illico vers un Ailleurs difficile à cerner. Le pitch ? Il échappe aux codes. Alors ? Essayons de baliser le chemin du lecteur, d’esquisser le mirage qui se tend sous nos yeux humides. Quid ? Simon, le narrateur, pénètre dans une maison, est impliqué dans une scène qui se recompose dans la foulée : personne sur le siège. Que se passe-t-il ? Simon est dans un livre, un livre qu’il écrit, et va à la rencontre de son personnage principal, Mal Waldron. Qui apparaît, disparaît. Dans d’autres décors. Comme si le livre épousait en direct la création de Simon, ses essais pour trouver les meilleures perspectives. La narration se complexifie, se ramifie, le narrateur se trouvant happé par d’autres personnages, qui ont compté pour le musicien ou qui correspondent à ses propres fantasmes (avoir une fille, par exemple).

Mais. Ce narrateur/créateur, qui ne sait plus trop où il en est, existe-t-il ou est-il une émanation de Mal Waldron, du temps où, fauché par une overdose et privé de mémoire, il devait se recréer, réapprendre à jouer (en écoutant ses propres disques) ? La biographie que lui prête Simon, avec une enfance heureuse, est-elle consignée sur une fiche Wikipédia ou une réparation opérée par l’imaginaire (sur le modèle des sensations positives souvent décrites en Near Death Experience ?). Qui invente qui ?

L’entreprise de Bucciarelli étonne et déstabilise (le propre de l’Art ?). Le lecteur voyage halluciné entre des jeux de miroirs et y perd ses repères. Mais. Est-on dans la farce, le burlesque ou dans la mise en doute du réel, du monde ? On songe souvent à notre cher Rossano Rosi, qui a transposé l’ère du soupçon en nos Lettres avec une maestria confondante.

Pour faciliter la route, un style fluide, agréable, une narration vivante, quelques fragments qui valent indépendamment du Grand Tout :

« Les notes s’égrènent sous mes doigts. Je ne pense plus. Je suis le piano. Mon jeu se détache. (…) Une note doit arriver, une autre se fait entendre à sa place. (…) Je n’arrive pas au bout d’une idée, une nouvelle combinaison de notes supplante la précédente. Je ne décide plus, le piano parle (…). »

Ce qui se dit ici du piano peut se dire d’un autre clavier, celui de l’écrivain. Il est bien question du Grand Œuvre de la Création, ce miracle qui dépasse toujours son créateur.

Le livre sur le site de M.E.O.

 

(4)

Nadine MONFILS, Crimes dans les Marolles (Nouvelles enquêtes de Nestor Burma), French Pulp éditions, Paris, 2019, 176 pages.

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Voir mon article récent sur un autre support :

https://le-carnet-et-les-instants.net/2019/03/01/monfils-crimes-dans-les-marolles/

 

(5)

Véronique BERGEN, Kaspar Hauser (ou la phrase préférée du vent), roman, Espaces Nord/Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, 2019, 301 pages.

Si j’ai évoqué (voir supra) le recueil de Carino Bucciarelli, je compte faire l’impasse sur ma rubrique poésie dans les prochains numéros de ma mini-revue, la remplaçant par un feuilleton consacré au Kaspar Hauser de Véronique Bergen. Pourquoi ? Parce que le présent roman n’est pas tout à fait un roman. Qu’à défaut de pouvoir le définir clairement et définitivement, il m’éclate au visage ou au cerveau plutôt (ou au cœur ?) que son écriture, sa langue sont d’une intensité, d’une richesse telles que la plupart des recueils de poésies, adossés, y perdraient leurs couleurs. Un roman ? Mais. Tout ici est poésie. Poésie incandescente.

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Véronique Bergen

Le pitch ?

Historique ! Une énigme. Dans la note de ces disparitions et réapparitions polémiques : tel enfant d’Edward d’Angleterre, Anastasia, Jeanne d’Arc… En l’occurrence, en 1812, le fils (et héritier) du grand-duc Charles de Bade et de Stéphanie de Beauharnais décède peu après sa naissance.  De manière impromptue. Et opportune pour certaines ambitions. A moins que…

En mai 1828, un jeune homme surgit du néant sur une place de Nuremberg, l’air hagard, des allures d’enfant sauvage élevé hors du monde. Il se nommerait Kaspar Hauser, il aurait été longtemps séquestré. Par qui ? Pourquoi ? Comment ?

Se distille bientôt une théorie sulfureuse : il serait le petit prince prétendument décédé, objet d’une substitution, d’un rapt. Quoi qu’il en soit, l’épopée de celui qui sera surnommé « l’orphelin de l’Europe », sera courte. Il meurt assassiné. Mystérieusement. Et restent divers témoignages, qui encouragent à reconstruire un puzzle. Des pièces qui ont interpellé maints historiens et artistes.

 

Véronique Bergen, qui a le chic pour élire des personnalités chargées (Hélène Cixous, Marilyn Monroe…), et y adosser la matière de ses ouvrages, nous livre ici non pas un roman historique ou un récit policier mais un cri, déchirant, digne de Munch, celui de Kaspar, qui jaillit du néant où l’on a voulu le confiner de son vivant ou après sa mort. Un cri. Qui tient du romantisme mais d’une littérature engagée aussi, Kaspar métaphorisant tous les dépossédés.

Un cri. Qui s’exhale et flotte par-delà l’orchestration polyphonique du roman, où prennent la parole Kaspar, certes, mais sa mère aussi, un narrateur contemporain, la comtesse de H. (l’ennemi déclaré, le Mal incarné, le fanatisme qui s’autorise toutes les perversions sous couvert d’objectifs incompréhensibles au commun des mortels), le géôlier, l’assassin, un docteur qui a recueilli Kaspar et… un cheval.

 

Véronique Bergen possède une écriture habitée, dont elle maintient le cap dans la durée, la longueur. Un feuilleton s’impose, distiller au fil des mois quelques fragments d’un alcool fort.

 

Kaspar :

« Avant l’après, lorsque le vent soufflait, je lui hurlais « où sont tes phrases, tes phrases de vent qui me sifflent dans l’oreille, tes phrases de rage qui essaient de me jeter au sol ? ». Je criais, il ne répondait pas. Maintenant que j’ai couru dans beaucoup de familles de phrases, je sais que le vent n’est pas l’ami des phrases, pas plus que la boue, l’eau ou le feu : quand je leur prête les miennes, ils les laissent dans leur écuelle et n’y touchent pas. J’aurais pourtant voulu être la phrase préférée du vent, celle qu’il emporte avec lui sur son cheval blanc. La plupart des gens utilisent des phrases qui tombent comme de la neige, c’est pourquoi ils ne comprennent rien à la liberté du vent. »

Ou :

 « Si je parle pour dire l’inverse de ce que je pense, je pense mieux que je ne parle, je pense vrai et je parle faux, je pense que je sais penser en arrière de mots qui courent dans le n’importe quoi, je pense cheval et je parle arbre, je pense que mes vrais mots sont hors des mots qu’on m’a appris, que le lieu d’où je viens ne s’atteint par aucune échelle. Je tire l’échelle des phrases car ma pensée est trop haute pour elles. »

Le livre sur le site d’Espace Nord

Edi-Phil RW.

 

* Relativement : en France, les deux premiers romans de JDD ont été retenus dans les présélections du Goncourt (Parades amoureuses) et du Renaudot (Le Ventre de la baleine).

** Une épopée de L’Esprit frappeur évoquée dans Les Belles Phrases :

https://lesbellesphrases264473161.wordpress.com/2017/10/20/lesprit-frappeur-quete-dune-mythologie-theatrale/

 

 

 

 

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