CINQ POÈMES de CATHERINE BAPTISTE extraits de MAISON ROUGE avec des COLLAGES de MANOU JOUBERT

La maison rouge du poème est la tanière
de femmes sauvages
assagies par la beauté

mais aussi toujours

aiguisées par la cruauté
ravagées par un amour



Paradoxalement bancale
la maison rouge tient d’un bloc
seule

Seule
c’est un monument aux mots
un monument à la folie

elle inquiète jusqu’au paysage,
dérange, dénoyaute
la raison

elle stridule



Maison vertébrée, d’os et de tessons
Sans porte ni fenêtre, d’un bloc

Contenant sacré
Contenant sans égal

Une mère
Le tableau vivant d’une nature morte

Une maison-mère morte
criante de vérité

allégeante

sans accès autre
que par la porosité
de ses murs

que par capillarité
en la pierre



A-t-on déjà vu pareille maison rouge en plaine ?

Elle penche un peu sur le côté, s’évase
S’ameublit en terre ou s’évade peut-être

grouille

en mouvement, en activité
s’épaississant au contact d’un ciel de crème

tressautant

crachotant
une gelée de groseilles et de cassis
à savourer comme du velours



Par où fuir
le refuge d’une maison rouge

Ni porte, ni seuil, ni chemin

Tourner, contourner
chercher une faille

N’avoir d’autres issues
que l’attente de la brèche

Rien ne persiste
Seule
la demeure



Catherine Baptiste écrit et vit à Poitiers où elle est art-thérapeute. Elle a publié une dizaine de recueils. Elle dédie, à travers sa poésie, son amour de la vie et de la beauté à qui veut l’entendre. Elle aime travailler avec des artistes plasticiens parce qu’ils aident à l’élaboration du sens pas toujours évident, parfois peu assuré, des mots mus par une énergie libre, souple, atemporelle et fraternelle.

Manou Joubert, conteuse poitevine, aime aussi « étaler, brasser en tous sens petits et grands papiers qui veulent côtoyer le contraste, le clair et le sombre, le pointu et le rond, les vagues et le ciel. Pour chacun, une seule place ; la rencontre avec les autres se fait lente ou bien fulgurante. Apparaissent ensuite les épisodes d’une histoire d’homme, de femme. Et dans l’instant tout s’achève.»

MAISON ROUGE de Catherine BAPTISTE (textes) & Manou JOUBERT (collages) est à paraître aux Editions A L’Index, collection Les Plaquettes.


Jean-Claude TARDIF nous présente Le Livre à dire et la revue À l’index.

L’association Le Livre à dire est une petite structure qui fonctionne
sans subventions depuis 1997.
De 1997 à 2012, elle a organisé à raison de 6 à 7 rencontres à l’année
des rencontres-lectures (sont venus pour la Belgique par exemple Werner Lambersy, Jean-Claude Pirotte, Otto Ganz, Marcel Moreau, Jean-Pierre Verheggen…)
Faute de salle nous cessons ces rencontres en 2012.
En 1999 sort le 1er numéro de la revue A L’INDEX (la 45e livraison
sortira à l’automne prochain).

A L’INDEX n’est donc en rien une maison d’édition (et ne tient pas à le
devenir). C’est une revue à laquelle s’adossent deux petites collections:
« Le Tire-langue » (poésie bilingue) et « Les Plaquettes », ensemble
d’ouvrages de 45 à 55 pages qui présentent des poètes contemporains
souvent associés à un artiste.
Les tirage sont peu importants (50 ex renouvelables), ce qui fait de
chaque petit livre un objet un peu « rare ».
Nous ne diffusons que par abonnement et grâce au bouche-à-oreille.
L’abonnement à la revue (2 n° par an) s’entend port compris, idem pour
les autres ouvrages. Le prix unitaire s’entend port compris.

Lien vers le blog du Livre à dire


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